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Afrique

Algérie : la campagne pour les législatives a commencé

Le scrutin est prévu pour le 4 mai. Si les Algériens n'attendent plus rien d'Abdelaziz Bouteflika, l'élite politique sait, elle, que le président, même malade, est le garant de leur maintien au pouvoir. Le pays gronde.

Affiches électorales, tournées à travers le pays, slogans : l'Algérie bat campagne. Douze mille candidats pour 462 sièges au sein de l'Assemblée nationale. L'affiche d'un beau spectacle -  qui n'intéresse pourtant personne. Lors des dernières élections législatives, il y a cinq ans, moins de la moitié des citoyens ayant le droit de vote en avaient fait usage. Cette fois, ils pourraient être encore moins nombreux, estime Issandr Amrani de l'International Crisis Group: "Pour la plupart des gens en Algérie, cette élection ne signifie absolument rien. Il est étonnant de voir à quel point le Parlement a été vidé de son sens durant l'ère Bouteflika. Il est dominé par les deux partis gouvernementaux - ils distribuent de l'argent à leur clientèle et ils ne se préoccupent pas des affaires politiques. Et les plus petits partis ont trop peu d'influence pour représenter un véritable danger."

Algerien Präsident Abd al-Aziz Bouteflika (Getty Images/AFP/E. Feferberg)

Héros de l'indépendance, garant de la stabilité, marionnette de son clan

L'élite dans sa bulle 

Voilà près de 20 ans que le président Abdelaziz Bouteflika, icône de la lutte pour l'indépendance contre l'ancienne puissance coloniale française, est au pouvoir. Son parti, le Front de Libération nationale (FLN) dirige le pays avec le Rassemblement national démocratique (RND) : ils se partagent les postes au gouvernement et ont la majorité absolue au Parlement. Depuis la fin de la guerre civile dans les années 1990, le système Bouteflika passe pour être le garant de la stabilité. Dans les faits, il repose sur une vielle élite composée de membres du parti, de l'armée et des services secrets ainsi que des hommes d'affaires liés au régime. Hautement corrompue, cette élite n'a que faire des citoyens, dit Anis Saidone étudiant à Alger : "On en a marre des promesses. Il y a un raz-le-bol de la stratégie des autorités à faire arrêter le mouvement en donnant des fausses promesses. On cherche vraiment des garanties parce qu'on nous a déjà fait le coup en 2011"

Colère réprimée

2011, c'est le printemps arabe. Dans la foulée des mouvements protestataires en Tunisie et en Egypte, les Algériens étaient eux aussi descendus dans la rue. Mais à l'époque, le pays nageait encore dans l'argent et le gouvernement pouvait se permettre d'acheter la paix à coup d'aides sociales et de subventions. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Hafez Ghanem, vice-président de la Banque mondiale, pense même que le pays est au bord du gouffre économique : "A mon avis, l'Algérie doit changer son modèle de croissance. Nous n'avons pas vraiment beaucoup de choix. (...) L'Algérie a besoin de diversifier ses exportations. Ce n'est même pas un choix, à mon avis c'est une nécessité"

Depuis la chute des prix du gaz et du pétrole, les caisses de l'Etat sont vides. Résultat : moins de subventions. Parallèlement, les prix des denrées de première nécessité ont, eux, bondi. Pour ceux qui avaient du mal à joindre les deux bouts, la situation est plus que critique. Mais le régime reste sourd : les manifestations sont réprimées dans le sang, les arrestations arbitraires et la violence policière augmentent, la censure se fait plus féroce. La préoccupation principale reste curieusement la très mauvaise santé du président.

 

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