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Afro-presse (hebdomadaire)

Afropresse, l'Afrique à travers la presse allemande

Cette semaine le Kenya et le Rwanda se partagent les faveurs des journaux allemands. Au Kenya 12 millions et demi d'électeurs étaient appelés aux urnes pour un référendum constitutionnel.

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Bureau de vote dans la vallée du Rift

Nouvelle constitution au Kenya

Ils ont voté majoritairement oui à un projet de nouvelle constitution que la Frankfurter Allgemeine Zeitung qualifie de première grande réforme politique au Kenya depuis l'indépendance en 1963. Le journal évoque les différentes modifications prévues, comme la limitation des pouvoirs du président ou la création d'un parlement bi-caméral, mais à ses yeux la réforme foncière, prévue dans le texte, est probablement l'innovation la plus importante. Une commission doit être mise en place pour corriger les "injustices" de la répartition des terres depuis l'indépendance. Outre la limitation de la taille des propriétés privées, il est aussi question, note le journal, de restreindre l'acquisition de terres par des étrangers. L'identité du principal adversaire de la réforme foncière révéle à elle seule le caractère explosif de cette réforme, poursuit notre confrère. C'est l'ancien président Daniel arap Moi, l'un des dirigeants les plus corrompus dans l'histoire de l'Afrique, et le plus grand propriétaire terrien du pays. Pour la Tageszeitung, la terre et le pouvoir sont une seule et même chose au Kenya. Ils auront donc été les deux grands enjeux du débat sur la nouvelle constitution. Selon des défenseurs des droits de l'homme, note le journal, des centaines de milliers d'hectares ont changé illégalement de main dans les dernières années de l'ère arap Moi, notamment au profit du président lui-même. Le ministre des terres assure que ceux qui ont acquis légalement leur terre n'on rien à craindre de la nouvelle constitution, mais les propriétaires de terres illégales sont fortunés et influents et sont donc de dangereux adversaires.

Ruanda Wahlkampf

Election au Rwanda

Au Rwanda, les électeurs seront appelés aux urnes le 9 août pour élire un nouveau président. L'issue du scrutin ne fait aucun doute. Paul Kagamé est assuré d'être réelu. Mais il inspire à la presse allemande des commentaires très mitigés. L'autre face, titre l'hebdomadaire Der Spiegel à l'approche de cette élection présidentielle. Entendez par là l'autre face de Paul Kagamé, l'homme qui a réussi le miracle de transformer un pays pauvre comme le Rwanda en un pays africain modèle. Il a combattu la corruption, diminué les dépenses d'armement et investi dans l'éducation. Mais poursuit le Spiegel, depuis quelques mois le président présente une tout autre face. Celle que l'on connait chez les potentats africains qui font interdire des journaux, arrêter des journalistes et écarter des opposants. A Kigali, lit-on plus loin dans l'article, on roule sur des routes aussi bonnes qu'en Europe, 92% de la population bénéficient d'une assurance maladie, le pays est devenu exportateur de produits alimentaires. Mais Kagame met la même énergie à dénier la liberté d'opinion qu'à développer économiquement le Rwanda. Un autre hebdomadaire, Die Zeit, relève que seize ans après le génocide le destin du Rwanda reste étroitement lié à celui du FPR. La frontière entre l'Etat et le parti est floue. Depuis que le FPR a mis fin au génocide et pris le pouvoir il n'a cessé d'élargir son contrôle. Nullement par la seule répression, souligne le journal, mais par une politique basée sur le développement économique, l'ordre et la transparence. Mais s'interroge le journal, la réconciliation au Rwanda peut-elle être imposée? La culpabilité, la peur et le rejet mutuel entretiennent un cycle sans fin et créent chez les Hutu comme chez les Tutsi un besoin désespéré de calme et de sécurité. Kagamé les offre à un prix élevé. Le Rwanda est aujourd'hui une société contrôlée d'un bout à l'autre, dans laquelle il est préférable de ne pas exprimer ouvertement ses désaccords sur la politique gouvernementale et l'histoire récente.

Kombo Charles Taylor Naomi Campbell

La belle et le diamant

La presse ne manque pas non plus de s'intéresser à la comparution du mannequin britannique Naomi Campbell devant le tribunal spécial pour la Sierra Leone. "La belle et le diamant du sang" - "Pierres sanglantes" ou encore "Le scintillant secret de Naomi" - voilà quelques-uns des titres qu'inspire la déposition du top model devant le tribunal où est jugé Charles Taylor. L'ancien chef de guerre et président du Libéria a-t-il fait cadeau d'un diamant brut à Naomi Campbell en septembre 1997 en Afrique du sud, après un dîner de bienfaisance offert par Nelson Mandela? En deux années de procès, note le Kölner Stadt-Anzeiger, le tribunal spécial n'a pu apporter la preuve formelle que l'ex-dictateur ait reçu de la rébellion sierra-leonaise des diamants en échange desquels il leur a livré des armes. Lui-même a toujours affirmé n'avoir jamais possédé de diamants. La Frankfurter Allgemeine Zeitung rappelle que l'acte d'accusation contre Taylor remplit 30 000 pages: crimes de guerre, crimes contre l'humanité, viols, enrôlement d'enfants soldats... Que lui-même se soit comparé un jour à Jésus-Christ, accusé lui aussi d'être un assassin, est une insulte aux victimes, écrit le journal. La Tageszeitung rappelle que Taylor est actuellement le seul ex-chef d'Etat à être jugé pour crimes de guerre. Le fait que la déposition du top model britannique soit le grand moment médiatique d'un tel procès en dit long sur l'état de la justice internationale. Cela fait longtemps, ajoute le journal, que le procès Taylor devrait être terminé.

Auteur: Marie-Ange Pioerron
Edition: Fréjus Quenum

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