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Afro-presse (hebdomadaire)

Afropresse, l'Afrique à travers la presse allemande

Cette semaine c'est encore le Soudan qui fait l'ouverture de ce tour d'horizon. Les résultats des élections générales ont été publiés. Le président El Béchir remporte l'élection présidentielle avec 68% des voix.

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Omar el-Béchir (à g.) accueilli par des partisans après sa victoire

N'importe quel autre résultat aurait été surprenant, note la Süddeutsche Zeitung. Les principaux challengers du président Béchir avaient retiré leur candidature peu avant les élections. Ils reprochaient à Béchir d'avoir fraudé dès la préparation du scrutin. Les partisans de Béchir en revanche interprètent sa victoire comme une gifle pour la cour pénale internationale, qui a délivré un mandat d'arrêt contre le président soudanais pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour. La Frankfurter Allgemeine Zeitung revient sur le constat des observateurs internationaux, à savoir que ces élections n'ont pas respecté les normes internationales, mais ajoute le journal, personne non plus ne l'espérait compte tenu du manque d'infrastructures et de l'inexpérience des électeurs en matière d'élections libres. Si les élections dans le nord du pays se sont déroulées pratiquement sans incidents, dans le sud en revanche de très nombreuses tentatives d'intimidation ont été signalées. Des résultats conformes aux voeux, et de Béchir, et de Salva Kiir, le président réélu du Sud semi-autonome, lit-on dans la Tageszeitung. Et nous explique le journal, si les adversaires de Béchir ont quand même remporté un tiers des voix, c'est parce que les bulletins de vote étaient déjà imprimés lorsqu'ils ont décidé de boycotter les élections. De plus beaucoup de partisans du candidat de l'ex-rébellion sudiste, la SPLA, se sont dits qu'ils devaient quand même voter pour leur candidat, Yassir Arman. Il a obtenu 21% des voix.

Am 25. April 2008 Welt Malaria Tag Kind hinter Moskitonetz

Une enfant kenyanne derriére une moustiquaire

La presse évoque aussi cette semaine l'un des pires fléaux pour l'Afrique. Je veux parler du paludisme. Le choix du sujet, n'est pas un effet du hasard. Le 25 avril dernier était la journée mondiale de lutte contre le paludisme. Le Tagesspiegel de Berlin titre sur "la malédiction du paludisme" dans un pays comme la Tanzanie où la maladie tue chaque année entre 60 000 et 80 000 personnes. Même le sida, note le journal, ne pousse pas autant de gens dans la tombe. Et comme l'explique un coopérant suisse de l'organisation World Vision, "le paludisme est à la fois une cause et une conséquence de la pauvreté". On apprend à la lecture de l'article que l'un des principaux projets de lutte contre le paludisme en Tanzanie consiste à faire distribuer par les centres de santé des bons d'achat aux femmes enceintes. Les futures mères obtiennent en échange une moustiquaire imprégnée, elles n'ont à ajouter que l'équivalent de 30 centimes d'euro. L'objectif de la campagne est de fournir une moustiquaire aux trois quarts de tous les foyers tanzaniens d'ici à 2013. Le problème, note le journal, est que beaucoup de Tanzaniens ne veulent pas dormir sous le voile flottant d'une moustiquaire. Trop chaud, trop étouffant, trop étroit. A quoi s'ajoutent des superstitions selon lesquelles le paludisme est une punition envoyée par des démons.

Südafrika Jagd auf Ausländer aus Simbabwe

Chasse aux immigrés zimbabwéens en 2008

En Afrique du sud, c'est une vaste campagne de dépistage du sida qui a été lancée. La presse allemande s'en fait l'écho. Mais à l'approche de la Coupe du monde de football, les journaux abordent aussi beaucoup d'autres aspects. Exemple celui de la xénophobie grandissante contre les immigrants noirs. Par rapport à son nombre d'habitants, 47 millions, l'Afrique du sud, écrit l'hebdomadaire Die Zeit, est actuellement le premier pays d'immigration au monde. Quatre millions de personnes ont afflué en Afrique du sud depuis la fin de l'apartheid. Certaines estimations vont jusqu'à 6 millions. Pendant des années le gouvernement sud-africain a ignoré les causes de cette immigration massive, et minimisé les conséquences. Il n'a rien entrepris par exemple contre l'autodestruction du Zimbabwe voisin. L'Afrique du sud fait l'effet d'un aimant, poursuit Die Zeit. Les immigrés travaillent dur, vivent chichement, envoient leurs maigres économies à la famille restée au pays. Leur modeste réussite éveille la jalousie et le dépit des autochtones. Surtout chez les pauvres qui ne perçoivent pas les immigrés comme des compagnons d'infortune, mais comme des concurrents. Le journal nous relate par exemple l'histoire d'une Somalienne arrivée il y a neuf ans en Afrique du sud. Elle avait ouvert un petit kiosque où elle vendait de la farine, de l'huile, quelques conserves. Sa premiere boutique a été pillée en 2004, la deuxième en 2005. La troisième a été incendiée en 2008.

Internationaler Strafgerichtshof mit Logo

Siège de la CPI à La Haye

Enfin le Tagesspiegel évoque l'affaire Bemba. Le procès de Jean-Pierre Bemba devant la Cour pénale internationale doit débuter le 5 juillet prochain. Et c'est une affaire curieuse, écrit le journal. Bemba n'est pas inculpé de crimes qu'auraient commis son Mouvement pour la libération du Congo pendant la guerre en RDC, de 1996 à 2003. Il est inculpé de crimes commis par son mouvement rebelle en République Centrafricaine dans les années 2002 et 2003. Le président centrafricain François Bozizé avait demandé en 2004 à la CPI d'enquêter sur les crimes commis pendant la guerre civile. Après l'arrestation de Bemba il a fait savoir à la CPI que la justice de son pays était en mesure de poursuivre les crimes de guerre. Après quoi il a fait adopter par le parlement une loi d'amnistie qui protége ceux qui étaient ses alliés pendant la guerre. Bref, conclut le journal, Bemba est actuellement le seul inculpé de crimes en RCA, des crimes qui au demeurant n'ont pas cessé en 2003.

Auteur: Marie-Ange Pioerron
Edition: Fréjus Quenum

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