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Afro-presse (hebdomadaire)

Afropresse, l'Afrique à travers la presse allemande.

Le coup d'Etat du 18 février au Niger est cette semaine le permier sujet qui retient l'attention des journaux.

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Profession de foi à Niamey

Des colonels renversent le dictateur du Niger, titre la Tageszeitung. Et personne ou presque, souligne le journal, ne semble en être malheureux au Niger. Mamadou Tanja, président élu depuis 1999, avait brusquement aboli l'an dernier l'ordre démocratique du Niger en faisant prolonger son mandat de trois ans. Les adversaires de Tandja espèrent maintenant un nouveau départ démocratique. La Berliner Zeitung parle elle aussi d'espoir après le putsch. Et pour ce journal, la surprenante popularité du coup d'Etat au Niger témoigne d'un changement de paradigmes en Afrique. Après les guerres civiles et les régimes militaires des années 60, la bonne gouvernance, le multipartisme et les élections passaient aux yeux de la plupart des Africains pour le moyen le plus sûr de sortir de la pauvreté. Cet espoir entretenu jusqu'au début des années 90 a cédé la place au désenchantement. Une élite politique corrompue et assoiffée de pouvoir a saigné autant le continent que les anciens despotes en uniforme. Et le journal cite cette formule du Cameroon Tribune, selon lequel les militaires sont pour beaucoup d'Africains la dernière planche de salut, les uniques "pompiers contre la malgouvernance". La Frankfurter Allgemeine Zeitung relève que le Maroc s'est dit prêt à accueillir le président déchu. Apparemment, écrit le journal, il n'a pourtant rien à craindre des nouveaux dirigeants. A la question de savoir si Tandja devait être jugé, le colonel Hamidou Hama, l'un des trois nouveaux hommes forts du pays, a répondu que le conseil militaire n'irait pas jusqu'à une telle extrémité, note le journal. La presse allemande, en revanche, était ces derniers jours beaucoup moins optimiste pour la Côte d'Ivoire. La Berliner Zeitung écrivait dans son édition de lundi dernier que le pays était au bord de la guerre civile. Et que le président Gbabo voulait reporter, pour la septième fois, l'élection présidentielle.

Symbolbild das Abkommen in Doha zwischen der sudanesischen Regierung und der Rebellengruppe über ein Waffenstillstand in Darfur

Symbole de l'accord entre Omar El-Béchir et Khalil Ibrahim

L'autre grand sujet, cette semaine pour la presse allemande, c'est l'accord conclu entre le gouvernement soudanais et l'un des principaux mouvements rebelles du Darfour, le Mouvement pour l'égalité et la justice. Il a été signé mardi dernier à Doha au Qatar. Une signature en grande pompe, note la Tageszeitung. Omar el-Béchir voit un "pas important vers la paix", dans la signature de cet accord entre son armée et le groupe rebelle militairement le plus puissant du Darfour. Reste, poursuit le journal, que dans ce document de quatre pages toutes les questions épineuses ont été laissées de côté. Aucun chiffre ni aucun calendrier ne figurent dans l'accord. La date du 15 mars annoncée par Omar El Béchir pour la signature d'un vaste accord de paix est jugée totalement irréaliste par les négociateurs du JEM. Pour le président Béchir, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre au Darfour, la conclusion de ce cessez-le-feu est malgré tout un succès, souligne le journal. Pour le chef du JEM, note le journal dans un autre article, c'est un triomphe. Il sort pour l'instant vainqueur du combat de coqs entre chefs rebelles rivaux. C'est lui qui est maintenant le partenaire de Khartoum pour la paix et qui peut négocier une solution politique avec le gouvernement soudanais. Ce n'est pas mal, poursuit le journal, quand on sait que le JEM a dû entamer les négociations en position de faiblesse. Car depuis la réconciliation entre les présidents du Tchad et du Soudan, l'appui tchadien au JEM a cessé. Depuis des années, lit-on dans la Süddeutsche Zeitung, Omar el-Béchir est cloué au pilori comme fauteur de guerre au Darfour. Il joue maintenant au prince de la paix en signant un accord avec l'ennemi héréditaire, le chef rebelle Khalil Ibrahim et son Mouvement pour la justice et l'égalité. C'est que le président Béchir, poursuit le journal, veut faire légitimer son pouvoir par une élection en avril prochain. Il a donc besoin, de toute urgence, d'un succès diplomatique. Il n'a pas pu gagner militairement la guerre dans l'ouest du Soudan. A présent le temps presse et Béchir est passé sur le chemin de la négociation. Simple tactique ou tournant durable? Il est encore trop tôt pour le dire, estime le journal.

Kombo Frankreich Ruanda Nicolas Sarkozy und Paul Kagame

Les présidents Sarkozy et Kagamé

Enfin une amorce de réconciliation entre la France et la Rwanda, c'est ce que constate la presse allemande après la visite-éclair du président Nicolas Sarkozy à Kigali.

La Tageszeitung rappelle qu'il n'y avait plus eu de rencontres entre chefs d'Etat des deux pays depuis le génocide de 1994. En novembre 2006 les relations diplomatiques ont même été suspendues. Le réchauffement entre Paris et Kigali est redevable à la ténacité du ministre français des affaires étrangères Bernard Kouchner. Mais, poursuit le journal, ce ne sera pas une réédition de l'amitié qui unissait François Mitterrand et Juvénal Habyarimana. A l'époque des militaires français ont apporté un appui massif à l'armée rwandaise et Mitterrand a même soutenu le gouvernement rwandais de transition qui a orchestré le génocide. Le Rwanda attend toujours des excuses officielles de la France. Aujourd'hui, souligne le journal, les deux pays préfèrent tourner leurs regards vers l'avenir. Paris veut reconquérir son influence dans la région. La France veut être associée à différents projets d'intégration régionale dans lesquels le Rwanda joue un rôle-clé: l'extension de la centrale hydraulique de Ruzizi dans le triangle frontalier Rwanda-Burundi-Congo ou encore l'exploitation conjointe, rwando-congolaise, des réserves de méthane du lac Kivu. Ces projets offrent des chances énormes aux entreprises françaises. Quant aux motivations rwandaises, elles sont résumées dans l'article par cette citation de Servillen Sebasoni, conseiller à la communication du FPR, le parti au pouvoir: "un pays comme le Rwanda ne peut se payer le luxe d'avoir un ennemi qui est, relativement, une grande puissance".

Auteur: Marie-Ange Pioerron
Edition: Fréjus Quenum

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