Afropresse, l′Afrique à travers la presse allemande. | Afro-presse (hebdomadaire) | DW | 09.10.2009
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Afro-presse (hebdomadaire)

Afropresse, l'Afrique à travers la presse allemande.

LAlors que le président burkinabé, Blaise Compaoré, a entrepris une mission de médiation à Conakry, a Guinée continue d'inspirer des articles à la presse allemande

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Le massacre du 28 septembre à Conakry décidément ne passe pas, même si comme le rappelle le Tagesspiegel de Berlin la brutalité de l'armée a derrière elle une longue tradition en Guinée. Dadis Camara, souligne le journal, est de plus en plus imprévisible. Cela explique sans doute que l'Union africaine, qui n'est précisément pas réputée pour son attitude courageuse envers les dictateurs africains, lui ait lancé récemment un ultimatum et l'ait appellé à confirmer, d'ici à la mi-octobre, qu'il renonçait à être candidat à la prochaine présidentielle. La carotte et le bâton, titre le quotidien Neues Deutschland. Le bâton, c'est évidemment la sanglante répression de la manifestation de l'opposiiton, la carotte: le gouvernerment d'union nationale proposé par le chef de la junte. Mais l'on sait qu'entre-temps l'opposition a rejeté cette proposition. Le journal rappelle que depuis son indépendance en 1958 jamais la Guinée n'a connu la démocratie. La Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung évoque la soldatesque qui s'est déchainée pendant trois jours à travers Conakry, qui a pillé les commerces et terrorisé la population. Moussa Dadis Camara, note le journal, martelait encore il y a quelques jours que sans lui la Guinée était perdue. C'est déjà le cas depuis longtemps. Le pays pourtant est béni par la nature. Il abrite les deuxièmes réserves mondiales de bauxite, il a de l'or et de bonnes terres. Le petit Camara, poursuit le journal, est le dernier maillon d'une longue chaine de stalinistes de salon, de cleptocrates et de soldats mégalomanes qui se partagent les richesses du pays.

Kofi Annan in Kenia mit Mwai Kibaki und Raila Odinga

Kofi Annan au Kenya en février 2008

Kofi Annan, l'ancien secrétaire général de l'ONU, était au Kenya en début de semaine pour rappeler au gouvernement sa promesse de faire toute la lumière sur les massacres qui ont suivi l'élection présidentielle de décembre 2007. Faute d'un tribunal ad hoc mis en place au Kenya même, c'est maintenant la Cour pénale internationale qui va intervenir. Et comme le note à ce propos la Tageszeitung, le ministre kenyan de la justice n'a rien dit de sensationnel en annonçant que le Kenya, qui a signé le statut de Rome, n'avait d'autre choix que de soutenir la CPI. Sa déclaration a pourtant déclenché une tempête d'indignation. Et cela pour une raison bien simple, souligne le journal: ceux qui risquent d'être jugés à La Haye appartiennent aux deux camps politiques qui se partagent le pouvoir: celui du président Kibaki donc et celui de l'ex-opposant Raila Odinga. Pour l'instant, relève encore le journal, les Kenyans s'interrogent sur l'identité de ceux qui, dans l'élite politique du pays, doivent s'attendre à un mandat d'arrêt international. Selon la presse kenyanne, des preuves suffisantes auraient déjà été rassemblées contre quatre commanditaires des violences post-électorales. Parmi eux des ministres. Ce qui est sûr, écrit plus loin la Tageszeitung, c'est que le rejet par le parlement kenyan d'un tribunal local est symptômatique de la politiquer kenyanne. 100 des 210 députés sont ministres ou secrétaires d'Etat. Il n'y a plus d'opposition.

Straßenszene nahe der ruandischen Hauptstadt Kigali

Scène de rue à Kigali

La presse allemande se fait aussi l'écho cette semaine de l'arrestation en Ouganda d'un des cerveaux présumés du génocide rwandais. Idelphonse Nizeyimana, un ancien chef des services secrets rwandais, lit-on dans la Süddeutsche Zeitung, était parmi les suspects les plus recherchés. L'acte d'inculpation du 7 novembre 2000 l'accuse de génocide, incitation au génocide et crimes contre l'humanité. Il aurait planifié, ordonné et lui-même exécuté des massacres de tutsis. La Tageszeitung parle de la fin brutale de quinze années de cavale pour celui qui a passé les dernières années dans l'est du Congo, où il travaillait sous le nom d'emprunt de Sebisogo dans le bureau du deuxième vice-président des FDLR, les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda. Et le journal de rappeler que les FDLR sont cette milice hutue composée d'anciens membres de l'armée rwandaise et des milices Interhamwe, responsables du génocide. 15 ans après la fin de ce génocide le Tagesspiegel de Berlin publie un reportage sur l'extraordinaire boom économique de Kigali. Mais comme le souligne l'auteur du reportage, la cohabitation entre le passé et le futur est précisément ce qui irrite à Kigali. Là où des enfants ont eu les bras et les jambes coupés avant que leurs mères soient violées et leurs pères assassinés, les hommes d'affaires s'extasient sur le pays le plus avancé d'Afrique. De fait, lit-on plus loin, l'économie rwandaise connait un taux de croissance annuel de 6%. Les investisseurs de Chine, d'Allemagne et de Dubaïi investissent au Rwanda dans l'immobilier et les services. Transparency International qualifie d'exemplaire la lutte anti-corruption au Rwanda. L'improbable est en train de se produire là où une profonde déchirure traversait la ville et les âmes. Il semble que le Rwanda, souligne le journal, combatte son traumatisme par un débordement d'activité.

Bildgalerie Königshäuser Niederlande Kronprinz Willem-Alexander

Le prince Guillaume-Alexandre

Enfin deux quotidiens évoquent une affaire qui fait grand bruit aux Pays-Bas. C'est la construction, sur la presqu'île mozambicaine de Machangulo, d'une villa de luxe par le prince héritier des Pays-Bas. Le prince ne sait peut-être pas, écrit la Süddeutsche Zeitung, que la moitié des adultes au Mozambique ne sait ni lire ni écrire, que le taux d'infection par le VIH-sida est officiellement de 13%, que le choléra prolifère. Bref, comme le rappelle la Berliner Zeitung le Mozambique est parmi les pays les plus pauvres du monde. Et beaucoup de Néerlandais s'indignent à l'idée que leur futur roi ait choisi ce pays pour y faire construire une résidence. Mais ce château en Afrique, comme l'appelle le journal, pourrait bien s'écrouler. Car si le gouvernement néerlandais, qui doit approuver les dépenses de la famille royale, a bien donné son feu vert au projet de Machangulo, le chef du gouvernement est pressé par sa propre coalition gouvernementale de persuader le prince héritier de renoncer à sa villa 5 étoiles au Mozambique.

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