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Afro-presse (hebdomadaire)

Afropresse, l'Afrique à travers la presse allemande

C'est tout d'abord la recrudescence de la piraterie au large des côtes somaliennes qui cette semaine retient l'intêrêt des journaux.

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Pirates somaliens aux mains de la justice kényanne

Ils semblaient avoir disparu pendant des mois, ils sont de retour, écrit la Tageszeitung à propos donc des pirates somaliens qui ont multiplié ces derniers temps les attaques de navires. De là aussi un regain d'activité chez les responsables politiques allemands. Après les Verts certains membres du gouvernement demandent à présent la mise en place d'un tribunal de l'ONU. De fait, poursuit le journal, il est douteux que les sept pirates remis par l'Allemagne à la justice kényanne bénéficient d'un procès équitable. Mais l'appel à la création d'un tribunal international ne fait que prolonger la stratégie qui dicte le déploiement de navires de guerre au large de la Somalie. On tente de combattre les symptômes de l'effondrement de l'Etat somalien au lieu de résoudre les véritables problèmes. Depuis 18 ans la Somalie n'a plus de gouvernement en état de fonctionner. Trois millions de Somaliens souffrent de la faim. Mogadiscio est en ruines et la moitié des Somaliens sont des personnes déplacées. Bref, souligne le journal, les raisons ne manquent pas pour chercher une solution au problème somalien au lieu de discuter d'un nouveau tribunal de l'ONU: Il faut parfois se salir les mains pour parvenir à une solution vraiment propre. La Süddeutsche Zeitung dénonce le manque de courage de l'Allemagne, qui est comme figée par la peur dès que des pirates lui tombent entre les mains. L'affaire des présumés bandits, qui ont attaqué probablement par méprise un tanker de l'armée allemande en est un exemple. Au lieu d'autoriser un procès en Allemagne, Berlin a dépensé une énergie considérable pour céder le dossier au Kenya. Il est de plus en plus évident, note le journal, qu'il manque à l'opération Atalante, l'opération navale européenne de lutte contre la piraterie, une structure permettant des poursuite pénales unifiées et efficaces. Un tribunal international serait la meilleure réponse, il devrait être installé au Kenya et juger les suspects dans le respect des normes internationales.

Un autre sujet fait couler de l'encre dans la presse allemande des derniers jours: c'est l'abandon des poursuites contre Jacob Zuma, le président de l'ANC et très probable futur président de l'Afrique du sud.

Comme l'écrit la Frankfurter Allgemeine Zeitung, Jacob Zuma pourra devenir président sans craindre d'avoir à répondre de corruption devant la justice. A deux semaines des élections législatives le procureur a clos le dossier Zuma. Non pas parce qu'il n'a rien à se reprocher mais parce qu'il aurait été victime d'une "conjuration". Probablement s'agit-il de la dernière bataille dans la longue lutte de pouvoir avec Thabo Mbeki, que Zuma a chassé de la présidence du parti et de la présidence de la République. Il en est résulté une scission du parti, et poursuit le journal, il faut maintenant attendre de voir si l'aile Zuma pourra confirmer l'hégémonie de l'ANC. Sans doute sera-t-elle suffisamment forte au parlement pour élire Zuma à la présidence du pays. Tout le monde ne peut pas être comme Nelson Mandela. La Tageszeitung se demande si l'Afrique du sud est en train de devenir une république bananière. Les doutes sur l'innocence de Zuma persisteront, écrit le journal, car après l'abandon des poursuites les électeurs sud-africains ne sauront jamais si l'homme qui deviendra président le 22 avril est innocent ou non. La TAZ voit dans cette affaire un grave revers pour la jeune démocratie sud-africaine, citée jusqu'à présent comme un exemple pour l'Afrique. C'est le signal qu'il suffit d'être puissant pour échapper à la justice. La Süddeutsche Zeitung parle d'une occasion ratée. On ne saura jamais la vérité, et Jacob Zuma en est le principal responsable. Le président de l'ANC n'a cessé de tergiverser, Jamais il n'a eu le courage de mettre toutes les cartes sur la table pour désamorcer les reproches qui lui étaient adressés. Sa crédibilité est détruite, souligne le journal, avant même qu'il ne commence à gouverner,

Il y a eu 15 ans le 7 avril, le Rwanda plongeait dans l'horreur. En moins de trois mois 800 000 personnes, principalement tutsis, seront massacrées. Le 15ème anniversaire de ce génocide inspire quelques articles à la presse allemande.

A Berlin le Tagesspiegel note que les cérémonies commémoratives vont durer jusqu'au 14 avril et qu'elles ont commencé mardi dernier par de sévères reproches du président Paul Kagamé à l'adresse de la communauté internationale, accusée d'avoir abandonné le Rwanda avant même qu'un seul coup de feu n'ait été tiré. Aujourd'hui, écrit plus loin le journal, les quelque 300 000 rescapés du génocide vivent de nouveau aux côtés des tueurs. Depuis que les gaçaças, les juridictions villageoises, ont renvoyé des centaines de milliers de génocidaires dans leurs villages, les deux groupes doivent se regarder tous les jours dans les yeux. Mais poursuit le journal, le génocide est aussi devenu le mythe fondateur du nouveau Rwanda. Cela ne rend pas la confrontation avec le passé plus facile. La controverse n'est pas souhaitée. Le Rwanda est gouverné de manière autocratique. La Tageszeitung consacre toute une page au sujet. Principalement pour évoquer le cas de Félicien Kabuga, considéré comme le financier du génocide. Kabuga a notamment financé la Radio des mille collines, cette radio de la haine qui appelait au génocide des tutsis. Il vit tranquillement au Kenya, écrit le journal, alors que le Tribunal pénal international pour le Rwanda a délivré un mandat d'arrêt contre lui. Quinze ans plus tard, lit-on dans un autre article, le Rwanda est toujours traumatisé. Bafuye Buhagazi - c'est ainsi que les Rwandais appellent ceux auxquels le génocide risque, aujourd'hui encore, de faire perdre la raison. Ce sont les jeunes filles qui ont été violées, les mères qui ont dû assister au découpage de leurs enfants, mais aussi les tueurs que l'on fait chanter pour qu'ils ne dénoncent personne. Et pourtant, poursuit le journal, malgré une horreur omniprésente le Rwanda connait aujourd'hui un essor que personne n'aurait pu imaginer. Depuis 1994, la croissance économique dépasse les 5% par an.

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