Afropresse, l′Afrique à travers la presse allemande | Afro-presse (hebdomadaire) | DW | 20.02.2009
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Afro-presse (hebdomadaire)

Afropresse, l'Afrique à travers la presse allemande

Nous commençons par le Zimbabwe. La formation du nouveau gouvernement d'union nationale a débuté par un sérieux revers pour l'opposition. Celui qui devait être vice ministre de l'agriculture a été arrêté.

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Roy Benett

Roy Bennett, un ancien fermier blanc, a été arrêté le 13 février. Une journaliste du Tagesspiegel de Berlin a assisté à son arrestation. Elle relate comment deux hommes ont emmené Roy Benett du petit aéroport de Charles Prince à la périphérie de Harare. Roy Bennett lit-on dans ce reportage figure depuis 2000 aux côtés de deux autres Blancs sur la liste du MDC. Et depuis lors il fait régulièrement l'expérience de l'arbitraire de l'Etat. Sans cesse sa ferme a été attaquée, pillée, sans cesse il a été arrêté. En 2004 Benett a été définitivement exproprié. Peu de temps après il s'est disputé avec un ministre, les deux hommes en sont venus aux mains au parlement, suite à quoi Benett a été emprisonné pendant plusieurs mois. Une fois libéré, lit-on encore dans le Tagesspiegel, il a fait de nouveau l'objet d'un mandat d'arrêt, cette fois-ci pour avoir prétendument préparé un attentat contre Robert Mugabe. Bennett s'est alors enfui en Afrique du sud avec sa famille. Il n'était rentré au Zimbabwe que depuis quelques semaines. Pour la Tageszeitung, son arrestation met en péril l'accord politique au Zimbabwe.

Le Darfour revient également cette semaine dans les colonnes de la presse allemande. Des discussions ont eu lieu au Qatar entre le gouvernement soudanais et un groupe rebelle du Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité.

Khartoum continue de dialoguer avec des rebelles, écrit la Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui note que le Mouvement pour la justice et l'égalite, le JEM, selon son abréviation anglaise, est de loin le plus puissant des innombrables groupes rebelles du Darfour. En 2006, après de longues négociations, il avait refusé de signer un accord de paix avec Khartoum. La Tageszeitung relève que la déclaration d'intention signée à Doha prévoit l'échange de prisonniers et la poursuite des discussions. Ce qui, estime le journal, est surtout dans l'intérêt du gouvernement soudanais. La Cour pénale internationale décidera prochainement si elle délivre ou non un mandat d'arrêt contre le président Béchir pour crimes de guerre au Darfour. Plus le gouvernement Béchir se montrera disposé à trouver une solution pacifique, plus les juges, ou en dernière instance le conseil de sécurité de l'ONU, se prononceront en sa faveur. Une véritable paix entre le JEM et Béchir semble pourtant improbable, poursuit le journal. Béchir n'a pas pardonné au JEM d'avoir été sur le point d'entrer dans Khartoum au début de l'année passée.

Plusieurs journaux relatent aussi le drame personnel d'un Germano-Togolais, qui a été expulsé cette semaine vers le Togo. Son histoire vient rappeler que le Togo a été colonisé par l'Allemagne.

Gerston Liebl, c'est son nom, se sera battu pendant dix-huit ans, en Allemagne, pour obtenir un passeport allemand. En vain, lit-on dans la Berliner Zeitung, qui nous relate donc l'histoire de cet homme dont le grand-père bavarois arriva en 1908 comme médecin colonial dans ce qui était alors leTogo sous mandat allemand. Le grand père épousa là-bas une noire dont il eut un fils, puis en 1911 il rentra en Allemagne. Son petit fils, Gerston donc, est arrivé lui en Allemagne en 1991 pour demander la nationalité allemande. Mais poursuit le journal, c'était compter sans une ordonnance de 1913 stipulant que les enfants nés d'unions entre Allemands et "indigènes", de même que leurs descendants, ne peuvent prétendre à la nationalité allemande. Les lois raciales coloniales n'ayant jamais été annulées, Gerston Liebl, ajoute le journal, n'a pas le droit de devenir allemand. L'Allemagne expulse un Allemand, n'en titre pas moins la Tageszeitung en première page, Gerston Liebl laisse derrière lui en Allemagne une femme et un fils né en Bavière. Son tort écrit le journal, aura été de vouloir une réglementatipn non seulement pour lui mais pour tous les autres descendants de colonialistes allemands en Afrique. Reste que le deux poids deux mesures de la législation sur les étrangers est un scandale, souligne la TAZ. Le cas de Gerston Liebl n'est pas le seul à révéler une mentalité raciste. Les étrangers blancs, de préférence européens, sont les bienvenus. Les non-blancs peuvent rester chez eux. Mais demande le journal, comment pourrait-il en être autrement dans un pays qui refoule son histoire coloniale, un pays qui n'a même pas encore trouvé des mots d'excuse sincères pour le génocide des Hereros dans l'ex-colonie allemande du Sud-Ouest africain.

Enfin la Tageszeitung et la Süddeutsche Zeitung rendent hommage à une grande spécialiste de la région des Grands Lacs, en particulier du Rwanda, une grande militante aussi des droits de l'homme. Je veux parler d'Alison Des Forges, qui a péri le 12 février dernier dans un accident d'avion aux Etats-Unis. La Süddeutsche Zeitung rappelle qu'au début des années 90, Alison Des Forges, une historienne de formation, avait multiplié , en vain, les mises en garde contre les atrocités qui risquaient de se produire au Rwanda.C'est elle aussi, poursuit le journal, qui en 1999, sous l'égide de Human Rights Watch et de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, avait signé un volumineux rapport qui fait référence pour comprendre le génocide au Rwanda. Titre de l'ouvrage: "Aucun témoin ne doit survivre".

  • Date 20.02.2009
  • Auteur Marie-Ange Pioerron
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