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Afro-presse (hebdomadaire)

Afropresse, l'Afrique à travers la presse allemande.

Nous commençons par un sujet pour lequel l'intérêt des journaux allemands ne faiblit pas: c'est la piraterie en mer au large des côtes somaliennes.

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La frégate allemande "Emden" dans le golfe d'Aden

Une piraterie qui elle non plus ne faiblit pas et qui inspire à la Frankfurter Allgemeine Zeitung ce titre à la une "La malédiction de l'Afrique". Mais comme le note le journal dans ses pages intérieures, Washington et Moscou veulent combattre ensemble les pirates. De fait, titre de son côté Die Welt, la menace engendre de nouvelles alliances. L'inspecteur de la marine allemande, le général Nolting, cherche du soutien du côté de la Chine. Jusqu'à présent la Chine n'autorisait une coopérationn internationale à son armée que dans la lutte contre le terrorisme ou le trafic de drogue. L'armée allemande, la Bundeswehr, devrait finalement pouvoir participer à l'opération Atalanta, de l'Union européenne, contre la piraterie au large de la Somalie. Ce qui la semaine dernière était encore présenté dans la presse comme un dilemme allemand devrait être bientôt réglé. Selon le droit allemand, rappelle la Süddeutsche Zeitung, la lutte contre la piraterie en mer est du ressort de la police, et non de l'armée. Mais les quatre ministères concernés, à savoir affaires étrangères, défense, intérieur et justice - se sont entendus sur la participation de 1 400 soldats allemands à l'opération européenne. L'hebdomadaire Die Zeit publie un très long article intitulé"Qui est ici le pirate?" Depuis des décennies, écrit le journal, Européens et Asiatiques pillent les eaux somaliennes. Depuis l'effondrement en 1991 de la dernière autorité centrale en Somalie, les pêcheurs locaux font face à une toute puissante concurrence. Selon la FAO, l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, 700 navires pêchent chaque année sans licence au large de la Somalie. La piraterie engendre la piraterie. Les pêcheurs somaliens se sont armés, ils ont attaqué les gros chalutiers, ont exigé le paiement de "taxes" et ont capturé les premiers navires avant de les libérer contre le paiement d'une rançon. Une idée était née pour gagner de l'argent. Les pêcheurs se sont transformés en pirates des mers. Et puis sous le titre "Lorsque les pirates étaient encore des démocrates", Die Welt propose à ses lecteurs un éclairage historique. Le journal relate la création il y a 300 ans, à la pointe nord de Madagascar de la plus légendaire des républiques de pirates. Elle s'appelait Libertatia et fut l'une des premières démocraties de l'ère moderne, avec parlement et gouvernement, écrit Die Welt. Sans doute était-ce aussi à l'époque le seul endroit au monde où noirs, blancs et autres n'étaient pas seulement égaux en droits mais vivaient aussi dans un respect mutuel.

Le respect mutuel est aux abonnés absents dans l'est de la République démocratique du Congo. Les combats ont continué ces derniers jours dans le Nord-Kivu. Et la presse allemande continue bien sûr d'évoquer la situation au Congo. Non seulement dans l'est du pays, précisement. La Tageszeitung se fait l'écho du rapport de Human Rights Watch , rapport intitulé "Nous vous écraserons". Pour la première fois, écrit la TAZ, une organisation internationale de défense des droits de l'homme décrit toute l'ampleur de la terreur étatique exercée par le gouvernement de la RDC sous la présidence de Joseph Kabila depuis les élections de 2006. Le rapport décrit comment les forces de sécurité et les services secrets persécutent, font disparaître et tuent des opposants. 500 personnes au moins ont déjà été victimes de cette brutale répression. Les journalistes, note aussi la Tageszeitung dans un autre article, ne vivent pas moins dangereusement dans l'est du Congo. En témoigne l'assassinat de Didace Namujimbo, rédacteur en chef de la station locale de Radio Okapi à Bukavu. Et puis la Tageszeitung, encore elle, consacre dans son édition de mardi dernier deux pleines pages aux violences sexuelles dans l'est de la RDC,Lors d'une enquête réalisée par l'université de Berkeley, lit-on dans cet article, 13% des adultes interrogés au Nord-Kivu ont indiqué avoir été victimes au moins une fois de violences sexuelles. Et le pourcentage devrait être infiniment plus élevé chez les jeunes filles mineures, qui elles n'ont pas été prises en compte dans l'étude. Mais le journal relève aussi un léger souffle d'optimisme: dans beaucoup d'endroits des centres de santé ont vu le jour et la justice a aussi commencé à poursuivre les violeurs.

Enfin à lire aussi cette semaine dans la presse allemande une interview avec la directrice exécutive du programme alimentaire mondial.

Josette Sheeran, c'est son nom, ne cache pas son inquiétude, même si la crise ncière a fait chuter les prix des produits alimentaires. Ces prix, fait-elle remarquer dans cette interview accordée à la Frankfurter Allgemeine Zeitung, sont encore aussi elevés qu'Il y a vingt ans et restent supérieurs de 24% à ceux de l'année dernière. Nous ne pouvons secourir qu'une personne affamée sur dix. Mais question du journal: si le PAM a reçu cette année plus d'argent que jamais pour son aide d'urgence, les investissements dans le développement de l'agriculture sont-ils aussi suffisants? Réponse de Josette Sheeran: les investissements susceptibles d'avoir des effets à long terme se font encore attendre. Précisément à un moment où les paysans, comme ceux que j'ai rencontrés au Kenya das la vallée du Rift, auraient dû profiter des cours élevés du marché mondial pour leurs produits, ils ont été contraints de réduire leur production dans des proportions parfois dramatiques parce qu'ils ne pouvaient se payer des engrais par exemple. Les grandes crises alimentaires, poursuit la directrice du PAM, entrainent habituellement de grands investissements privés. Nous le voyons actuellement en Afrique, où des investisseurs achètent des surfaces pour les affecter à une exploitation agricole. Je crains seulement qu'ils ne veuillent ensuite faire sortir d'Afrique les denrées alimentaires produites sur ces terres.

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