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Afro-presse (hebdomadaire)

Afropresse, l'Afrique à travers la presse allemande.

A l'approche des élections générales au Zimbabwe un article de Die Welt illustre l'hyperinflation au Zimbabwe par cette image

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Un billet de 200 000 dollars zimbabwéens

cent dollars américains égalent 20 kilos de billets zimbabwéens. Au marché noir un dollar US vaut actuellement 35 millions de dollars zimbabwéens. Un rouleau de papier toilette coûtait à la mi-mars 12 millions de zimdollars. A l'instar d'autres journaux allemands que nous avions cités ces dernières semaines, Die Welt relate que selon le Sunday Times de Londres, la firme allemande Giesecke & Devrient imprime à tour de bras des billets de banque pour la banque centrale zimbabwéenne. Des billets dont la plupart sont immédiatement échangés au marché noir contre des dollars américains par les employés de la banque centrale, le reste étant distribué à des fidèles de Mugabe dans la perspective des élections. Mais poursuit Die Welt, l'abonnement aux cargaisons de billets acheminés par avion depuis l'Allemagne n'est qu'une facette de la politique fiscale et monétaire imaginée par Mugabe. Depuis longtemps déjà la dette extérieure du pays, tant auprès des créanciers privés que du Fonds monétaire international est remboursée en puisant dans les comptes en devises des sociétés d'import-export. Des observateurs politiques, ajoute Die Welt, reprochent au FMI d'être au courant de ces pratiques mais d'accepter malgré tout les remboursements. Ainsi cimente-t-on la situation d'un pays dans lequel un tiers de la population est tributaire de l'aide alimentaire internationale, souligne Die Welt.

La malédiction de l'or - ce titre en couverture du Spiegel annonce un épais dossier sur la fièvre du métal jaune qui s'est emparée du monde en ces temps de crise financière internationale. Et quand il est question d'or, il est aussi question de l'Afrique. Quatre pays africains figurent sur la carte des principaux producteurs d'or dans le monde: l'Afrique du sud, le Ghana, le Mali et la Tanzanie. Le Mozambique en est absent. Et pourtant le Spiegel consacre un long article aux milliers de miséreux qui cherchent de l'or dans les montagnes du Mozambique. Certains n'y perdent que la raison, d'autres la vie. La plupart de ces orpailleurs, note l'hebdomadaire, viennent du Zimbabwe voisin. Et ils sont chaque jour plus nombreux. Il y a quelques semaines, le Mozambique a même supprimé l'obligation de visa pour les Zimbabwéens. Officiellement en signe de gratitude pour l'accueil de réfugiés mozambicains par le Zimbabwe dans les années 80. Mais le Mozambique, qui se remet encore des conséquences de la guerre civile achevée en 1992, ne peut sans doute plus maîtriser l'afflux de Zimbabwéens qu'en ouvrant tout simplement ses frontières. Parmi ces Zimbabwéens: Alec Pot, 34 ans, un ancien ouvrier du bâtiment au chômage. Il a douze bouches à nourrir. Et un jour il n'a plus vu d'autre issue que d'aller tenter sa chance dans les monts Chimanimani, dans l'ouest du Mozambique. Il est parti il y a un mois avec trois amis, lit-on dans le Spiegel, mais au lieu de la richesse espérée, ce qui l'attendait est selon ses propres termes un travail d'esclave: creuser, jour après jour, une terre boueuse à mains nues, au mieux avec des pelles rouillées. Pour rien, en ce qui concerne Alec puisque un mois plus tard, écrit le Spiegel, il n'avait pas trouvé la moindre poussière d'or. L'article évoque aussi les inévitables intermédiaires, libanais ou européens, qui achètent le gramme d'or 20 dollars pour le revendre quelques kilomètres plus loin à 27 dollars et l'exporter en toute illégalité. Illégalité également de la quête de l'or. Théoriquement le métal appartient à l'Etat mozambicain. Mais comme le concède le gouverneut de la province de Manica, la police et l'armée sont complètement dépassées. Un monde à part, souligne le Spiegel. Un monde de violence, d'alcool, de maladies, un monde qui ne connait qu'une seule loi: celle du plus fort.

Enfin même si les médias s'en sont un peu détournés, le procès de Charles Taylor pour crimes de guerre se poursuit à La Haye devant une cour criminelle du Tribunal spécial pour la Sierra Leone. A l'insu pratiquement de l'opinion publique internationale, ce procès, lit-on dans la Tageszeitung, a pris récemment une tournure dramatique. Dans un témoignage à faire dresser les cheveux sur la tête, un ancien proche de Taylor a lourdement chargé l'ex-chef de guerre et ex-président du Libéria. Joseph Marzah a relaté d'innombrables assassinats, entre autres d'enfants et de femmes enceintes, il a parlé de viols et d'autres atrocités qu'il aurait commises en Sierra Leone, au Libéria et en Guinée sur ordre de Taylor. Il a surtout décrit avec force détails les rituels cannibales d'une société secrète, le poro, qui aurait été dirigée par Taylor en personne. Cannibalisme et rituels de sociétés secrètes? s'interroge le journal. Cela semble confirmer des préjugés sur l'Afrique que l'on croyait surmontés depuis longtemps. Mais les choses ne sont pas aussi simples. Le terme "poro" désigne une multitude de sociétés secrètes présentes dans toute l'Afrique de l'ouest. Elles ne regroupent que des hommes et remplissent des fonctions importantes dans l'initiation des jeunes gens ainsi que dans tous les domaines de la vie politique et religieuse. Bien que ses racines remontent au moins au 16ème siècle, explique encore le journal, le poro actuel est un phénomène moderne. Il est né au 19ème siècle lors du contact entre les colons du Libéria et de la Sierra Leone, à savoir les esclaves noirs libérés aux Etats-Unis, et la population autochtone.

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