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Afro-presse (hebdomadaire)

Afropresse, l'Afrique à travers la presse allemande.

Pour la troisième semaine consécutive la situation au Kenya domine l'actualité africaine dans les journaux allemands.

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Un incendie allumé par l'opposition à El Doret

Guerre tribale en pays luo, attaques et vengeance - il est beaucoup question de nettoyage ethnique dans les articles que la presse allemande consacre cette semaine au Kenya. La Tageszeitung publie un reportage sur les violences à Burnt Forest, une localité de la Vallée du Rift, dans l'ouest du pays. Burnt Forest qui est devenue une zone de guerre depuis l'élection présidentielle du 27 décembre. Des gens y ont été coupés en morceaux, d'autres brûlés vifs, des fermes ont été incendiées, lit-on dans ce reportage. La région est peuplée en majorité de Kalenjin, et les Kalenjin ont voté en majorité pour l'opposant Raila Odinga. Mais une minorité appartient à la principale ethnie du pays, les Kikuyu, qui ont privilégié le président sortant Mwai Kibaki. Dans tout le pays, note l'auteur du reportage, l'opposition est descendue dans la rue, dans certaines régions elle est partie en chasse contre les Kikuyu, par exemple à Burnt Forest précisément. La Frankfurter Allgemeine Zeitung fait un parallèle avec les événements qui ont mené à la guerre civile en Côte d'Ivoire. Les deux pays, écrit le journal, passaient pour des exceptions africaines, avec une industrie bien développée. Et comme la Côte d'Ivoire le Kenya est une mosaïque de peuples, il compte plus de 40 ethnies mais a été dominé pendant des décennies par une seule ethnie. Ce sont au Kenya les Kikuyu, en Côte d'Ivoire les Baoulé jusqu'aux élections de 2000. Même si le pouvoir des Baoulé n'a jamais été aussi absolu que celui des Kikuyu au Kenya. Le Bété Laurent Gbagbo, poursuit le journal, a pu briser l'axe baoulé après les violences électorales de 2000. De la même façon le Luo Raila Odinga tente à présent de mettre fin à l'hégémonie kikuyu. Le racisme attisé pendant la campagne électorale en Côte d'Ivoire a subitement transformé l'appartenance ethnique en un sujet de débat public. Et dans le nord du pays une résistance armée s'est rapidement formée contre un régime perçu comme "raciste". Au Kenya les Kikuyu ne devraient pas tarder à se venger des expulsions massives dont ils ont été victimes dans l'ouest du pays. A l'inverse, de plus en plus de Luo pensent qu'ils ne pourront changer la situation que par une résistance armée. Le nombre des groupes paramilitaires a augmenté dans des proportions inquiétantes, souligne la Frankfurter Allgemeine. Pour la Süddeutsche Zeitung, celui qu'elle appelle le truqueur des élections, entendez par là Mwai Kibaki, a fait d'énormes dégâts. Une issue à la crise politique n'est nulle part en vue. La frustration et la colère sont en train de s'accumuler chez des millions de Kenyans. Le pays dans lequel les occidentaux avaient placé tant d'espoirs glisse vers un avenir incertain. Et il fait peur à des voisins comme la Tanzanie, l'Ouganda et le Rwanda qui ont besoin de l'essor économique du Kenya pour progresser. La crise au Kenya, poursuit le journal, soulève aussi des questions difficiles pour les Européens. Si le Kenya reste dans la région un allié important pour les occidentaux, les Européens doivent se garder de rendre la tâche trop facile à un homme comme Kibaki. Ils doivent rester fidèles à eux-mêmes et agir sur Kibaki pour qu'il accepte des discussions avec l'opposition. Une opposition qui, comme le note le Tagesspiegel de Berlin, a remporté la première épreuve de force. C'est un député du Mouvement Démocratique Orange qui a été élu à la présidence du nouveau parlement.

La presse allemande s'intéresse aussi aux déboires judiciaires du chef de la police sud-africaine. Jackie Selebi est soupçonné de corruption et d'entrave à la justice. Il est convoqué devant un tribunal pour le 1er février prochain et devrait être officiellement inculpé.

Le chef d'Interpol dans le collimateur de la justice, titre la Berliner Zeitung. Jackie Selebi était aussi le président d'Interpol. Mais ses démêlés avec la justice de son pays l'ont contraint à démissionner de ce poste. Cela fait plus d'un an, rappelle le journal, qu'il est reproché à Selebi d'avoir fourni des tuyaux à un ami impliqué dans un procès pour meurtre et trafic de drogue.

Mais le président Thabo Mbeki l'a toujours protégé. Depuis leur exil à Lusaka les deux hommes sont très proches l'un de l'autre. Depuis l'élection de Jacob Zuma à la tête de l'ANC les rapports de force ont néanmoins changé, poursuit le journal. Mbeki a été contraint d'envoyer son ami en congé pour une durée indeterminée. En d'autres mots Selebi a été suspendu. Et c'est la réputation du pays qui en souffre. Cette affaire, souligne le journal, conforte une idée largement répandue qui veut que l'Afrique et la corruption ne soient que les deux faces d'une même médaille.

Enfin la presse allemande fait aussi une place à l'Afrique dans ses rubriques sportives. La coupe d'Afrique des nations de football va débuter au Ghana

La Frankfurter Rundschau fait le lien avec l'Afrique du sud puisqu'elle a rebaptisé cette coupe d'Afrique en "coupe de Bonne Espérance". Pourra-t-elle, s'interroge le journal, corriger l'image de continent perdu qui colle à l'Afrique? Après l'annulation du rallye Dakar des doutes sont permis. Mais après de mois de mauvaises nouvelles, la coupe d'Afrique au Ghana est censée véhiculer les beaux côtés du continent. La Tageszeitung enfin relève qu'une poignée d'entraîneurs allemands va devoir faire ses preuves au Ghana. A commencer par Berti Vogts, l'entraîneur de l'équipe du Nigéria, qui a compris que la coupe d'Afrique était une sorte de siège éjectable pour les entraîneurs.

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