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Afro-presse (hebdomadaire)

Afropresse, l’Afrique à travers la presse allemande.

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Soldats congolais au nord de Goma

Nous commencerons ce tour d’horizon par l’Afrique des Grands Lacs. La conférence sur la paix et la sécurité dans les deux provinces du Kivu, en République démocratique du Congo, ne débutera finalement que le 6 janvier. Mais par sa convocation, écrit la Tageszeitung de Berlin, le gouvernement congolais témoigne enfin de son sens des réalités. Depuis bientôt quatre mois, une nouvelle guerre meurtrière fait rage dans l’est du Congo. Le gouvernement de Joseph Kabila a sans cesse essayé de vaincre militairement les rebelles du général tutsi Laurent Nkunda. Mais les soldats acheminés en toute hâte de tous les coins du Congo n’ont rien pu faire contre une armée rebelle, infiniment plus petite mais infiniment plus motivée. Le dialogue politique, souligne le journal, est incontournable. Il devra toutefois dépasser le cadre d’un simple accord politique entre deux belligérants qui n‘ont déjà conclu la paix il y a un an que pour reprendre ensuite les armes. Les provinces du Kivu sont le foyer de l’instabilité au Congo. C’est de là que toutes les guerre sont parties et nulle part ailleurs au Congo les gens n’ont autant souffert d’une violence aussi brutale. Un véritable processus de paix pour le Kivu doit donc inclure la population toute entière, ajoute la Tageszeitung. Le même journal relate par ailleurs qu’au Rwanda voisin, et cela n’est pas sans rapport avec les combats dans l’est du Congo, au Rwanda voisin donc la politique de réconciliation imposée par le gouvernement après le génocide de 1994 accuse bien des ratés. En atteste le volumineux rapport d’enquête parlementaire présenté le 10 décembre dernier à Kigali. Treize ans après le génocide, l’hostilité entre Hutus et Tutsis reste bien vivante, note le journal, qui cite des tracts incendiaires circulant dans certaines écoles du Rwanda. Celui-ci par exemple „les Tutsis sont des serpents, nous ne voulons plus d’eux et nous les tuerons“. Le succès de la politique de réconcilation, poursuit le journal, se mesure à la faculté de la jeunesse rwandaise de penser autrement que ses parents. Les écoles sont pour cela le lieu le plus important. Mais il n’y a plus de cours d’histoire dans les écoles rwandaises. La transmission du passé est donc abandonnée au récit qu’en font les familles ou à l’endoctrinement informel.

L’assassinat en Mauritanie de quatre touristes français a relancé la traque aux islamistes, les auteurs présumés de cette attaque étant à chercher, selon les autorités mauritaniennes, du côté de la Branche d’al Qaida au Maghreb islamique. L’épicentre est en Algérie, écrit à ce propos la Frankfurter Allgemeine Zeitung, mais le séisme a atteint depuis longtemps la côte atlantique de l’Afrique. Les islamistes qui assassinent dans le nord de l’Afrique se sont reconstitués, leur zone d’influence dépasse de loin le Maghreb pour aller jusqu’au Mali. Les services de sécurité, poursuit le journal, ont des avis divergents sur l’étroitesse du maillage de ce réseau terroriste. Mais une chose est sûre: il a déjà fait la preuve de sa très grande capacité d’adaptation.

L’hebdomadaire Der Spiegel évoque lui aussi le combat des islamistes, mais cette fois-ci dans l’est de l’Afrique, plus précisément en Somalie où la guerre fait de nouveau rage. Depuis que les troupes d’occupation éthiopiennes, lit-on dans le Spiegel, sont entrées il y a plus d’un an dans le champ de ruines qu’est Mogadiscio pour en chasser les islamistes et leurs auxiliaires d’al Qaida, la capitale somalienne échappe de nouveau à tout contrôle. Une étrange coalition de chefs de guerre et de moudjahidines s’est formée contre le gouvernement de transition du président Abdullahi Youssouf et ses alliés éthiopiens. Elle mène un combat acharné pour des ruines en exploitant la haine viscérale des Somaliens pour leur voisin éthiopien.

En cette période de fin d’année, et surtout avec la fête chrétienne de Noël, il est fréquent que des familles européennes veuillent faire une bonne action. Par exemple en parrainant un enfant africain. Ce qui ne va pas toujours sans poser un dilemme, comme on peut s’en rendre compte à la lecture du quotidien Die Welt. L’auteur de l’article, lui-même père de deux jeunes enfants, raconte comment il a pris contact avec l’organisation Plan Allemagne. Une petite Malienne de deux ans, Assetou, lui est proposée pour le parrainage. Nous nous documentons alors sur le Mali, écrit l’auteur de ce témoignage, jusqu’à ce que le sang se glace dans nos veines lorsque nous lisons que 90% des femmes au Mali sont excisées. Que faire? Nous voulions aider, et le faire aussi en apprenant quelque chose, mais nous ne voulions par vivre dans une angoisse perpétuelle pour ce nouveau membre de la famille adopté au loin. Si nous acceptions le parrainage, cela ne pouvait se faire que par un accord entre nous, Plan Allemagne et la famille d’Assetou, accord qui garantirait que la fillette échapperait à l’excision. Seulement voilà, Plan Allemagne, qui se fait largement égratigner au passage, refusera tout accord de ce genre au nom de la différence culturelle. Or souligne un peu plus loin l’auteur de l’article, il ne s’agit pas ici de subtilités culturelles. Il y va du droit des enfants à ne pas être traumatisés leur vie durant, voire à ne pas subir une mutilation éventuellement mortelle. Bref le candidat au parrainage a finalement préféré opter pour une fillette zambienne.

A propos d’enfants encore, la Tageszeitung estime que le dénouement dans l’affaire de l’Arche de Zoé au Tchad va porter durablement préjudice au prestige de l’Europe. Existe-t-il des lois spéciales pour les Blancs en Afrique, demande le journal. C’est la question qui s’impose après la condamnation des membes de l’ONG française à huit ans de travaux forcés pour tentative d’enlèvement d’enfants. Car à peine condamnés il est question de les transférer en France. Cela n’a rien à voir avec la pratique internationale habituelle qui veut qu’une peine prononcée à l’étranger soit purgée dans le pays d’origine. Les travaux forcés n’existent pas en France. L’évidence avec laquelle certains Français se considèrent en dehors du droit tchadien, poursuit la TAZ, est une insulte aux professions de foi européennes en faveur de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance.

Depuis la parution de cet article, les six Français ont été effectivement transférés en France.

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