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Afro-presse (hebdomadaire)

Afropresse, l’Afrique à travers la presse allemande

Sans surprise le sommet Union européenne-Afrique à Lisbonne, a inspiré tout au long de cette semaine des articles aux journaux allemands.

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Le président zimbabwén Robert Mugabe

Une fois de plus il a beaucoup été question du Zimbabwe. Dans son édition de jeudi, la Frankfurter Allgemeine Zeitung titre sur la solidarité de l’Afrique avec Mugabe. Solidarité notamment régionale puisque Robert Mugabe, note le journal, n’a rien à craindre de la SADC, la communauté de développement de l’Afrique australe, qui lui témoigne une clémence à toute épreuve. Le président du Botswana, Festus Mogae, est le seul chef d’Etat en Afrique australe à dire qu’il ne pense aucun bien de Mugabe. Le reste pratique la solidarité, alors que tous les pays riverains, souligne le journal, souffrent de la crise au Zimbabwe. Cette sympathie avec Mugabe a plusieurs raisons, poursuit notre confrère. Tout d’abord Mugabe passe pour un ancien combattant de la liberté. S’opposer à lui reviendrait, pour beaucoup de chefs d’Etat de l’Afrique australe, à remettre en cause leur propre biographie. S’y ajoute un autre aspect pour le Sud-Africain Mbeki: il a chez lui des difficultés à contenir politiquement les syndicats. Or au Zimbabwe l’opposition est issue du mouvement syndical. Il ne faut donc pas qu’elle l’emporte , afin que les représentants des travailleurs en Afrique du sud n’aient pas l’idée de créer un parti politique. Le Handelsblatt relève que la querelle à propos de la venue de Robert Mugabe à Lisbonne a éclipsé les préparatifs du sommet. Or souligne le journal, à l’avenir l’Europe et l’Afrique ne veulent plus parler seulement d’aide au développement et de commerce, mais aussi des droits de l’homme, des migrations, de la politique de sécurité et de la protection du climat. Par sa nouvelle stratégie à destination de l’Afrique, écrit le Handelsblatt, l’Europe réagit aussi à l’influence grandissante de la Chine en Afrique, la Chine est aujourd’hui le troisième partenaire commercial de l’Afrique derrière l’Union européenne et les Etats-Unis.

Le Soudan revient également cette semaine dans les colonnes de la presse allemande. Cette fois-ci il est moins question du Darfour que de la condamnation d’une enseignante britannique par un tribunal de Khartoum.

L’institutrice en question a été entre-temps grâciée par le président El Béchir et libérée. Elle avait été condamnée à 15 jours de prison pour avoir autorisé ses élèves à donner le nom de Mohamed à un ours en peluche. Une condamnation absurde, écrit la Süddeutsche Zeitung, mais ni les ours en peluche ni la religion ne sont vraiment l’enjeu de cette affaire. Le prétendu faux-pas de l’institutrice est pour les dirigeants de Khartoum une formidable occasion de donner une gifle à l’ancienne puissance coloniale. Et au bout du compte, ajoute le journal, le Darfour est bien présent là aussi. La condamnation de l’enseignante est un retour de manivelle, la Grande Bretagne avait exigé peu de temps auparavant que deux représentants du régime soient livrés à la Cour pénale internationale pour crimes de guerre. La Frankfurter Allgemeine Zeitung se félicite de la grâce accordée à l’enseignante britannique. Il est heureux, écrit le journal, que des parlementaires britanniques de confession musulmane aient pu intervenir avec succès dans cette affaire, car elle révèle l’immense fossé qui existe entre la culture occidentale et la culture musulmane.

La presse allemande a aussi célèbré cette semaine un anniversaire. Le 3 décembre 1997, 121 Etats signaient à Ottawa, au Canada, la convention internationale sur l’interdiction des mines antipersonnel. Mais comme le relève un journal, dix ans après, les mines continuent de tuer et de blesser, par exemple en Angola.

La Frankfurter Rundschau est allée à Canhengue, un village de la province de Moxico. A quelques centaines de mètres du village s’étend l’un des plus grands champs de mines de l’Angola, plus de cinq millions de mètres carrés. Les villageois, lit-on dans l’article, ont presque toutes les semaines un accident à déplorer. Comme l’explique l’un d’entre eux, "nous savons que c’est très dangereux d’aller là-bas. Mais nous n’avons pas le choix. C’est le seul endroit où nous pouvons trouver suffisamment de bois pour reconstruire nos cases et faire du feu". Personne, souligne le journal, ne sait exactement combien de mines sont enfouies dans le sol de l’Angola. Les estimations vont de six à vingt millions. Plus de 70 000 Angolais, pour la moitié des enfants, ont déjà sauté sur des mines. Dans la plupart des cas les victimes ne sont pas tuées, mais "seulement" grièvement blessées. Les mines, explique notre confrère, sont conçues pour handicaper les gens. Ainsi inflige-t-on à l’ennemi des dommages infiniment plus grands, d’une part parce que des blessés exigent plus de soins que des morts, de l’autre parce que des amputés, omniprésents dans les rues comme mendiants, sapent le moral de la population.

Enfin la conférence de Bali sur le climat est l’occasion pour la presse allemande d’évoquer les problèmes de sécheresse et d’érosion en Tunisie. Exemple à Oued el Gssab, au nord de Kairouan, où le ministère tunisien de l’environnement aide les paysans à lutter contre la raréfaction des pluies. Des gens du gouvernement, lit-on dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung, sont arrivés un jour de Tunis pour apprendre aux paysans de nouvelles méthodes agricoles, mieux adaptées à la sécheresse et au changement climatique. Les femmes sont laissées à l’écart, alors qu’elles accomplissent le plus gros des tâches quotidiennes. Les hommes sont assis à l’ombre et passent le temps à fumer, à boire du thé, et à attendre la pluie. Or ces dernières années, poursuit le journal, la pluie n’est pas tombée, ou est tombée tardivement et avec une telle violence qu’elle a creusé de profonds cratères dans le sol tout autour de Oued el Gssab. Dans ce village, comme dans tout le gouvernorat de Kairouan, lit-on encore dans cet article, le manque d’eau est un problème. Un demi-million de personnes vivent ici, dont 70% dans des zones rurales. Plus de 70% des surfaces agricoles sont menacées d’ensablement et d’érosion. 18% ne sont déjà plus exploitables.

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