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Afro-presse (hebdomadaire)

Afropresse, l'Afrique à travers la presse allemande.

Darfour – Nigéria – Côte d‘Ivoire

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La presse allemande braque cette semaine ses projecteurs sur le Soudan, plus précisément sur le conflit dans le Darfour. Heidemarie Wieczorek-Zeul, la ministre de la Coopération, dénonce dans la Frankfurter Rundschau l’attentisme des Nations unies, qui ont perdu trop de temps. Elle critique aussi la stratégie du gouvernement américain qui, pour ne pas gêner les négociations de paix sur le Sud-Soudan, ont mis un bémol à la pression sur Khartoum malgré les atrocités commises contre la population du Darfour. Une stratégie aux conséquences fatales, souligne la ministre, qui appelle l’ONU à décréter un embargo sur les armes contre le Soudan. Dans un éditorial le journal insiste lui aussi sur la nécessité d’accroitre la pression. Car écrit-il il ne s’agit pas seulement de venir en aide, mais de mettre un terme aux tueries et d’organiser le retour des réfugiés. La communauté internationale a trop longtemps laissé les mains libres à Khartoum. Khartoum qui en tire profit, souligne la Tageszeitung, en affirmant ne pas contrôler les milices qui sèment la terreur dans la population. La tactique est claire: ou bien le gouvernement soudanais contrôle le Darfour; dans ce cas il ne peut y avoir d’ingérence internationale, mais simplement une aide internationale, ou bien il ne contrôle pas le Darfour et on ne peut lui faire aucun reproche. Die Welt ne se prive pas pour sa part de reprocher au président al Bachir d’être un islamiste raciste. Les "ennemis" qu’il veut chasser du Darfour sont certes des musulmans, mais ce sont des noirs précisément et non des partisans arabes d’Allah. Tous les journaux se font aussi l’écho du débat sur le Darfour qui a eu lieu cette semaine à la chambre des députés. La Frankfurter Allgemeine s’interroge sur les motifs de la mobilisation allemande autour de ce conflit. Est ce l’effet du traumatisme consécutif au génocide rwandais, ou la volonté d’opposer à la politique d’intervention américaine le principe d’une ingérence humanitaire désinteressée? Quoi qu’il en soit, souligne le journal, il est juste que le gouvernement fédéral et la chambre des députés s’alarment de ce qui se passe dans le Darfour. Seulement le temps presse. Et ajoute notre confrère que faudra-t-il faire si le gouvernement soudanais ignore les appels à faire cesser immédiatement les expulsions de populations dans le Darfour.

La presse allemande revient aussi cette semaine sur les violents affrontements du début du mois de mai entre chrétiens et musulmans dans l’Etat central du Plateau, au Nigéria. La Frankfurter Allgemeine Zeitung note que pour éviter de nouveaux combats, le gouvernement nigérian emprunte des voies inhabituelles. Le gouverneur par intérim de l’Etat du Plateau propose que pour chaque arme automatique remise aux autorités, le propriétaire, en plus d’une garantie d’impunité, reçoive en échange l’équivalent de 1 500 dollars. Jusqu’à présent, poursuit le journal, une telle démarche n’a été mise en pratique que dans des pays en proie à des guerres civiles, comme le Libéria ou la Sierra Leone, les sommes versées y étant largement inférieures à l’offre nigérianne. Mais dans un pays où le revenu moyen est de moins de 600 dollars par an, les autorités misent sur les besoins matériels de la population comme outil de persuasion. Sous le titre "les moissonneurs de Dieu". l’hebdomadaire Die Zeit publie un long article sur les églises et sectes fondamentalistes chrétiennes, principalement protestantes, qui prolifèrent au Nigéria comme ailleurs en Afrique. Et pour Die Zeit l’islamisation de la société nigérianne a eu des effets dévastateurs là où chrétiens et musulmans, Yorubas, Peuls, Igbos et autres ethnies plus petites cohabitent et se disputent de modestes ressources dans un Etat pillé par des élites corrompues. Enfin le limogeage de trois ministres de l’opposition par le président ivoirien Laurent Gbagbo fait écrire à la Frankfurter Allgemeine Zeitung que le gouvernement de transition n’existe plus. Cela dit le journal ne croit pas à une reprise de la guerre. Non seulement 4 000 soldats français sont toujours déployés sur l’ancienne ligne de front, mais la France dispose aussi d’un moyen de pression que même Gbagbo ne peut ignorer. Ce sont les salaires de l’administration ivoirienne. Depuis plus d’un an, relève le journal, les augures prédisent régulièrement l’effondrement des finances publiques ivoiriennes. Mais les fonctionnaires continuent de percevoir ponctuellement leurs salaires. La solution est simple: c’est la France qui paie.

  • Date 28.05.2004
  • Auteur Marie-Ange Pioerron
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