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Afro-presse (hebdomadaire)

Afropresse, l’Afrique à travers la presse allemande.

Soudan – Somalie – Paludisme

Nous commençons par le Soudan. L’Union africaine a prolongé jusqu’à la fin de l’année le mandat de sa force de paix au Darfour. Mais comme le note la presse de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer une intervention plus musclée. Et comme le relève la Tageszeitung de Berlin, le génocide au Darfour mobilise aussi un nombre croissant d’intellectuels africains. Par exemple, et ce n’est pas une surprise, l’écrivain nigérian et prix Nobel de littérature Wole Soyinka. Soyinka qui, pas plus tard que mardi dernier, a qualifié de déprimante l’indifférence de la Ligue arabe face à la criminalité de l’un de ses membres. La famille africaine, a aussi souligné Soyinka, cité dans l’article, affiche à nouveau une impuissance honteuse et autorise du même coup la répétition d’une histoire à partir de laquelle les chaînes de l‘asservissement colonial ont été forgées. Autre intellectuel africain, mentionné par la Tageszeitung: le Ghanéen Festus Aboagye, directeur de programme au très renommé institut sud-africain pour les études sur la sécurité. Faut-il qu’un million de personnes meurent pour que la communauté internationale intervienne au Darfour, a-t-il demandé mercredi dernier à Johannesburg.

Autre thème cette semaine dans la presse allemande: la Somalie. A Baïdoa, siège du gouvernement de transition, le président Abdullahi Yusuf a échappé lundi dernier à un attentat, mais c’est plutôt vers Mogadiscio que les journaux allemands tournent leurs regards.

La Frankfurter Rundschau nous propose deux grands articles sur l’alliance des tribunaux islamiques qui contrôle donc la capitale et une grande partie du sud du pays. Dans le premier, Hassan Dahir Aweys, le chef des islamistes, explique entre autres pourquoi il ne veut pas d’une force de paix de l’Union africaine. Lorsque le chaos régnait en Somalie et que les chefs de guerre faisaient souffir la population, personne ne songeait à une force de paix, souligne-t-il. Pourquoi aurions-nous besoin subitement d’une telle force, maintenant que nous avons chassé les chefs de guerre et restauré la sécurité. Cela n’a aucun sens. Nous supposons que l’on veut envoyer des troupes dans le pays pour les diriger contre nous. Le second article est intitulé "Terreur voilée" et fait état d’un calme apparent à Mogadiscio. Des colonnes de femmes voilées transportent des montagnes d’ordures domestiques dans les rues. Même à la tombée de la nuit, des gens flânent encore dans la ville. Un ordre trompeur qui occulte mal des traces de violence religieuse, poursuit le journal. Un exemple: cinq personnes, dont une femme, ont été fouettés en public pour avoir prétendument fait du commerce de marijuana. Mais selon un militant local des droits de l’homme, cité par notre confrère, il ne faut pas y voir forcément le signe avant-coureur d’un nouveau régime taliban. Ce sont plutôt, en cette période de transition, les errances de certains leaders religieux radicaux.

Un tout autre sujet retient aussi l’attention de la presse allemande. Pour la première fois depuis trente ans, l’Organisation mondiale de la santé recommande l’utilisation de DDT pour lutter contre le paludisme. Or cet insecticide est interdit dans de nombreux pays du fait de ses dangers potentiels pour la santé humaine et pour l’environnement. Les écologistes sont eux-mêmes divisés sur la question. Mais s’interroge la Tageszeitung, vu les dégâts causés par la maladie, notamment en Afrique, ne faut-il pas tout simplement utiliser tous les moyens disponibles contre le paludisme. La vaporisation de DDT doit rester limitée aux moustiquaires et aux murs des maisons. Elle doit être aussi coordonnée sur de vastes régions. Car un poison ne suffira pas pour éradiquer le paludisme. D’autres facteurs infiniment plus importants sont à prendre en compte, à savoir la pauvreté, la résistance croissante aux médicaments, la méconnaissance des moyens de prévention et l’affaiblissement de larges couches de population atteintes du sida. Le DDT agit immédiatement, souligne le journal. La lutte contre la pauvreté en revanche prendra plus de temps que ne peuvent attendre les victimes du paludisme.

  • Date 22.09.2006
  • Auteur Marie-Ange Pioerron
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