Afrique du Sud : les ravages des hommes politiques | Dossier | DW | 02.12.2011
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Dossier

Afrique du Sud : les ravages des hommes politiques

12 milliards d’euros sur 5 ans pour lutter contre le sida : le gouvernement sud-africain met les bouchées doubles pour ratrapper une décennie perdue, en raison des idées peu orthodoxes de l'ancien président Thabo Mbeki.

ARCHIV - Südafrikas Präsident Thabo Mbeki während einer Tagung in Pretoria (Archivfoto vom 03.04.2008). Südafrikas Präsident Thabo Mbeki trat am 21.09.2008 zurück. Seine Parteiführung vom Afrikanischen Nationalkongress (ANC) hatte ihn am 20. September dazu aufgefordert. Mbeki war im November 2007 beim Kampf um den ANC-Vorsitz unterlegen. EPA/JON HRUSA (zu dpa-Paket: Jahreswechsel vom 03.12.2008) +++(c) dpa - Bildfunk+++

Thabo Mbeki avait fait scandale avec ses remèdes alternatifs contre le VIH

Le gouvernement sud-africain a annoncé cette semaine un plan de lutte contre le sida de 12 milliards d'euros sur 5 ans. Il faut dire qu'un adulte sur 5 est séropositif dans le pays. L'Afrique du sud a longtemps souffert du comportement de ses hommes politiques.

En 1999, Thabo Mbeki, le prédecesseur de Jacob Zuma, remet en cause l'existence du virus VIH. Il explique le sida par la pauvreté et parle d'un complot des Occidentaux pour inonder l'Afrique d'antirétroviraux toxiques. Alors qu'il y a 5 millions de séropositifs en Afrique du sud, un record mondial, la ministre de la santé préfère promouvoir des remèdes alternatifs. Nokh wezi Hoboyi, porte parole de l'association "Treatment action campaign", qui se battait à l'époque contre le gouvernement, se souvient : "Le problème avec Manto Tshabalala Msimang est qu'elle prenait des décisions, sans tenir compte de l'avis des scientifiques. Elle recommandait aux gens de manger de la betterave, de l'ail, du citron et de l'huile d'olive au lieu de prendre des antirétroviraux car elle disait qu'ils étaient toxiques."

In this June 3, 2009 file photo, South African president Jacob Zuma, second right, seen with his wives Sizakele Khumalo, right, Nompumelo Ntuli, left, and Tobeka Madiba, second left, after giving the State of the Nation address, at parliament in Cape Town, South Africa. The South African president's office on Sunday, Jan. 3, 2010 said he is set to marry Madiba in a formal wedding ceremony this week. (AP Photo/Mike Hutchings, Pool, File)

Jacob Zuma avait déferlé la chronique en affirmant avoir pris une douche pour se protéger du sida

"Une douche contre le sida"

Le sida fait jusqu'à 1000 morts par jour. En 2002, Mandela intervient, écœuré par l'indifférence de son successeur et déclare "Si les gens meurent, vous devez être affecté. Si vous vous identifiez avec votre peuple, vous ne pouvez pas restez indifférent." Thabo Mbeki est contraint à accepter, en 2003, de distribuer des antirétroviraux. Mais ses théories fumeuses continuent à retarder la lutte contre le sida, quoiqu'en dise son successeur Jacob Zuma en 2009 : "Le président Mbeki a ses opinions, qui sont ses opinions personnelles. Ce n'était pas la politique de l'ANC, ce n'était pas la politique du gouvernement."

Jacob Zuma avait d'ailleurs lui-même déclenche la polémique en 2007 : accusé de viol, il avait déclaré pris une douche pour se protéger du sida : "Le procureur me bombardait systématiquement de questions : la douche faisait partie d'une série de réponses à ses questions." Depuis deux ans, l'Afrique du Sud a retrouvé la voie de la sagesse et aujourd'hui, 1,4 millions de Sud-Africains reçoivent des antirétroviraux.

Le plus Web : écoutez ci-dessous le reportage de notre correspondante à Johannesburg, Valérie Hirsch

Auteur : Valérie Hirsch
Edition : Sandrine Blanchard, Cécile Leclerc

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