Abidjan marquée par l′affaire des déchets toxiques | Dossier | DW | 14.11.2011
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Dossier

Abidjan marquée par l'affaire des déchets toxiques

Depuis 2006, l’affaire des déchets toxiques déversés à Abidjan continue de défrayer la chronique. L'ampleur des dégâts est énorme. Le cabinet britannique qui défend les victimes parle de détournements de fonds.

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Le scandale des déchets toxiques avait secoué la planète en 2006

L'affaire du Probo Koala est une catastrophe environnementale survenue en Côte d'Ivoire en septembre 2006. Ce bateau qui appartient au géant pétrolier Trafigura déverse alors des déchets toxiques dans des caniveaux et les eaux qui aboutissent dans la lagune et la mer au large d'Abidjan. Selon la justice ivoirienne, ceci a provoqué la mort de 17 personnes et fait des dizaines de milliers d'intoxiqués. Aujourd'hui, ces victimes meurent à petit feu, sans soins et sans assistance.

Le cabinet Leigh Day est impliqué dans l'affaire des déchets toxiques depuis 2006, il représentait 30 000 victimes. En 2009, il a obtenu un accord avec Transfigura qui permettait de les dédommager. Au moment de distribuer les 22 milliards 500 millions de francs CFA, le cabinet d'avocat a été contraint par la justice ivoirienne de remettre ces fonds à une association de victimes des déchets toxiques. Mais les dédommagements des victimes n'ont pas été faits dans les règles de l'art. Plusieurs milliards auraient disparus.

Claire Macgregor du cabinet Leigh Day explique qu'environ 4 milliards de Francs CFA, qui étaient destinés à ces 6.000 victimes, ont disparu : "Ils ont été versés sur un compte qui était lié à l'association Coordination nationale des victimes des déchets toxiques de Claude Gohourou et depuis lors, les fonds n'ont pas été trouvés. Nous cherchons donc à tracer ces fonds et nous avons obtenu le soutien du gouvernement ivoirien."

Giftmüllskandal in Elfenbeinküste

Ces femmes ont été en contact avec les déchets. Aujourd'hui elles demandent réparation

Les victimes toujours dans l'attente

Assis devant la porte de sa maison de fortune, le corps zébré, le regard hagard, Konan l'une des victimes des déchets toxiques, scrute l'horizon. Il raconte sa galère : "Ma peau est abîmée depuis l'événement des déchets toxiques en Côte d'Ivoire. Vraiment, j'ai éte très atteint. On nous a dit d'aller nous faire inscrire et que nous allions nous faire dédommager. C'est ce que j'ai fait. Mais après on nous a dit d'attendre."

Toutes les victimes rencontrées ont les mêmes dénominateurs communs. En plus de ne pas être dédommagées, toutes les promesses qui leur ont faites n'ont pas été tenues, comme en témoigne Yapi Andréa, elle-aussi victime des déchets toxiques : "Aujourd'hui, j'ai tout perdu. On nous avait dit que Trafigura allait nous dédommager mais aujourd'hui, rien. Et que l'Etat ivoirien allait construire des hôpitaux pour nous prendre en charge. Mais rien."

Récemment, Amnesty International a appelé le nouveau gouvernement ivoirien à agir fermement pour que les 6.000 victimes restantes perçoivent l'indemnisation prévue et pour montrer que la corruption et le détournement de fonds ne sont pas tolérés.

Le plus Web : écoutez ci-dessous le reportage de notre correspondant à Abidjan, Julien Adayé.

Auteur : Julien Adayé
Edition : Marie-Ange Pioerron, Cécile Leclerc

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