A qui appartient la forêt en Ouganda ? | Dossier | DW | 11.11.2011
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Dossier

A qui appartient la forêt en Ouganda ?

L'Ouganda fait partie des pays africains les plus convoités par les compagnies internationales à la recherche de terres agricoles. Après l'Inde et la Chine, c'est au tour de la Grande-Bretagne d'être pointée du doigt.

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L'Ouganda est connue pour ses terres fertiles, pour la plupart inexploitées, et son climat paradisiaque. Le mois dernier, un rapport de l'ONG Oxfam a accusé la société britannique "New Forest Company" d'avoir fait expulser sans compensation plus de 22 000 personnes pour planter des arbres sur le mont Elgon, à la frontière de l’Ouganda et du Kenya. La compagnie incriminée a demandé l'ouverture d'une enquête. Elle clame son innocence et accuse l’ONG britannique d’avoir publié un rapport sans fondement.

Dans les faits, le gouvernement ougandais a accordé à la société New Forest une concession de 20 000 hectares en 2005 dans des forêts nationales protégées du mont Elgon, à la frontière du Kenya. Il se trouve que cette forêt était envahie depuis le début des années 70 par des milliers d’occupants illégaux, avec le soutien parfois de politiciens locaux. Ces occupants avaient brûlé la plupart des arbres pour se livrer à l’agriculture et à l’élevage. Le gouvernement ougandais les a donc expulsés pour donner place à la compagnie New Forest qui a déjà planté depuis de 12 millions de pins et d’Eucalyptus.

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Les Ougandais utilisent souvent le charbon de bois pour la cuisine

Des milliers d'Ougandais déplacés

L’Ouganda fait partie des pays où les forêts sont les plus menacées dans le monde. La majeure partie de la population continue d’utiliser le charbon de bois pour cuire ses aliments. Et des centaines de milliers d’Ougandais qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas de terre, brûlent quotidiennement les dernières forêts pour y planter du manioc et du maïs.

Les gens qui vivaient illégalement dans le parc national du Mont Elgon se considèrent comme des victimes car les plus vieux d’entre eux se sont déplacés dans cette forêt dans les années 70. Oxfam les a interviewé et fonde son rapport sur ce travail. Selon l'ONG britannique, ils auraient été chassés illégalement de leurs maisons et abandonnés à leur sort.

C’est pourtant de la responsabilité du gouvernement de protéger les forêts nationales contre les occupants illégaux. La compagnie britannique New Forest n’avait peut-être pas évalué l’ampleur de ce conflit.

Le plus Web : écoutez ci-dessous les explications de notre correspondant en Ouganda, Henri Leenhart.

Auteur : Henri Leenhart
Edition : Philippe Pognan, Anne Le Touzé

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