70 Roms expulsés de France | International | DW | 19.08.2010
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International

70 Roms expulsés de France

L’expulsion de 70 Roms depuis la France vers la Roumanie a commencé. Chaque Rom qui part touche 300 euros. Les critiques contre le gouvernement français fusent.

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10.000 Roms sont expulsés tous les ans en France.

Trois vols ont été affrétés par le ministère de l’intérieur pour rapatrier des Roms roumains et bulgares en situation irrégulière. En tout, 700 personnes devaient être ramenées aux frontières dans le cadre de la procédure de retour volontaire. Mais Bucarest et Sofia font partie de l'Union Européenne depuis 2007. Leurs ressortissants peuvent par conséquent entrer en France sans formalités particulières et y rester pendant trois mois sans avoir à justifier d'une activité.Au-delà de ces trois mois, ils doivent avoir un emploi, suivre des études ou justifier de ressources suffisantes pour pouvoir rester.Le gouvernement français est bien conscient du droit de libre circulation des citoyens européens, dont font partie les Roms bulgares et roumains.

Rumänien EU Beitritt Bukarest Flagge

Le 1er janvier 2007 la Roumanie et la Bulgarie intègrent l'UE.

Il a donc déjà annoncé une mesure pour éviter que la prime de retour ne soit versée à plusieurs reprises aux mêmes personnes. Eric Besson, ministre de l’immigration et de l’identité nationale :

« Dans quelques semaines « Oscar » un fichier biométrique que nous avons mis au point pourra justement permettre d’éviter ces aller-retour, ça va permettre que ceux qui ont déjà perçu ne puisse pas recevoir á nouveau une aide humanitaire. »

Si ces personnes n'acceptent pas cette aide au retour, alors elles reçoivent une « obligation de quitter le territoire français », qui leur donne un mois pour partir.Mais les mesures prises à l’encontre de ces communautés de ne s’arrêtent pas là. Le gouvernement a annoncé le démantèlement de 300 camps illégaux de Roms et de « gens du voyage » en général. Une réforme doit être mise en œuvre pour, « rendre plus efficace le dispositif d'évacuation des campements illégaux ». Dix inspecteurs du fisc seront également chargés spécialement de contrôler la situation des personnes vivant dans ces camps. Ce dispositif prévoit par ailleurs que les Roms qui commettraient des délits seront immédiatement expulsés vers la Roumanie ou la Bulgarie.

Ces interventions musclées de la part du gouvernement français surviennent après la mort d’un jeune Rom en juillet, tué par un gendarme alors qu'il essayait de forcer un contrôle routier. Ce décès avait provoqué de violents incidents. Les associations dénoncent des mesures stigmatisantes ainsi que l’utilisation d’un fait divers à des fins populistes.

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Les « gens du voyage » souffrent de stigmatisation.

La manière dont les démantèlements des camps ont eu lieu est également très critiquée. L’indignation monte jusque dans les rangs de la majorité. Jean-Pierre Grand, député UMP :

« Quand on découvre que le préfet de Seine-Saint Denis à 6 heures du matin envoie une police armée jusqu’aux dents pour déloger quelques familles, qui se retrouvent en haillons dans la rue. Quand on voit que les hommes et les femmes sont séparés, ce n’est pas la république française ça ! »

Le ministre roumain des Affaires étrangères Teodor Baconschi s'est déclaré inquiet des « risques de dérapage populiste » et de « réactions xénophobes » au sujet des Roms en France. De son côté, la Commission européenne a rappelé que la France « doit respecter les règles » sur la liberté de circulation et d'établissement des citoyens européens. Bruxelles affirme suivre « très attentivement » la situation.

Auteur : Sylvie Ernoult
Edition : Sandrine Blanchard

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