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Tandem

20 ans après, c'est toujours l'euphorie

Pour Ronneburg, le jumelage avec Hauteville après la chute du Mur en 1989 a été une passerelle vers le monde extérieur. Depuis, de nombreuses amitiés ont vu le jour et les séjours en France sont toujours aussi prisés.

Lundi matin, neuf heures. Madame le maire Krimhild Leutloff est assise dans son bureau de l'hôtel de ville de Ronneburg. Elle repense au séjour qu'elle vient d'effectuer dans la ville jumelée à la sienne, Hauteville-Lompnes, quand le téléphone sonne. « Bonjour Bernard » répond-elle avec enthousiasme. C'est son collègue, le maire Bernard Maclet, qui veut savoir si elle est bien rentrée chez elle. « Les habitants de Ronneburg sont fascinés par la cordialité de ceux de Ronneburg », déclare Krimhild Leutloff et on sent que ce jumelage lui tient vraiment à cœur.

Une idée qui se transforme en amitié

Pour Madame le Maire Krimhild Leutloff, Hauteville fait désormais partie de sa terre natale

Pour Madame le Maire Krimhild Leutloff, Hauteville fait désormais partie de sa terre natale

Ces liens ont vu le jour grâce à deux personnes qui, à deux endroits différents, ont eu la même idée. A Ronneburg, ville située à 90 kilomètres de la frontière tchèque, c'était Thomas Laich, musicien d'église et directeur du groupe des instruments à vent de la tour de l'église de Ronneburg. « J'étais tout simplement curieux », raconte-t-il, « en RDA nous n'avions pas la possibilité d'aller à l'étranger. » La musique s'est révélée une passerelle idéale pour nouer des contacts. Il a été aidé dans sa démarche par Regina Born, qui, depuis 1991, travaillait comme infirmière à Hauteville, dans le département de l'Ain près de la frontière suisse. Elle avait quitté Ronneburg par frustration : « La manière dont la réunification tournait ne me convenait pas », se souvient-elle. Elle avait trouvé un poste à Hauteville par l'intermédiaire de l'Agence française pour l'emploi, et peu de temps après, elle organisa le premier séjour de l'orchestre. « Je ne pouvais pas imaginer ce qui allait arriver », déclare-t-elle, et elle se réjouit que le maire Bernard Maclet l'ait invitée, elle et sa famille, à revenir à Hauteville alors qu'elle n'habite plus Ronneburg depuis près de 20 ans.

Presqu'au même moment, à Hauteville, le professeur d'allemand Marc Jaubert se mettait en quête d'une école allemande pour organiser un échange avec sa classe. Sa femme Janine, dont il est maintenant séparé, se souvient encore parfaitement de ces débuts : c'est grâce à Regina Born que le contact avec les musiciens de Ronneburg s'est établi et que l'échange scolaire a vu le jour malgré la différence d'âge entre les classes. Certaines familles ont gardé des liens étroits jusqu'à aujourd'hui.

Plus de points communs que de différences

Malgré la distance, les habitants de Ronneburg se réjouissent des voyages à Hauteville

Malgré la distance, les habitants de Ronneburg se réjouissent des voyages à Hauteville

Ronneburg compte environ 5000 habitants et elle doit faire face aux problèmes liés au changement structurel dans de nombreuses petites villes : hausse du chômage, perte d'emplois, et exode des jeunes. Ce phénomène est particulièrement perceptible dans les rues de Ronneburg, où, la journée, les jeunes sont extrêmement rares, ce qui n'a pas toujours été le cas. A la fin du 18ème siècle, Ronneburg est devenue, grâce à ses sources d'eau minérale, une station thermale très prisée. Les sources se sont taries à cause de l'exploitation des mines : à partir de 1953 et du temps de la RDA, l'extraction d'uranium était l'une des principales sources de revenus de la région. Avec la chute du Mur, cette extraction a cessé. Aujourd'hui, le « Nouveau Paysage », du nom de la contribution de la ville à l'exposition horticole Gera 2007, accueille des visiteurs venus de toutes parts sur cette ancienne zone d'exploitation minière. Le maire de Hauteville, Bernard Maclet, qui est lui aussi confronté aux conséquences du changement structurel, se souvient : « La première fois que je suis allé à Ronneburg, c'était quatre ans après la chute du mur de Berlin, et on voyait que les routes n'étaient pas bonnes, tous les bâtiments collectifs étaient fermés, et on a vu aujourd'hui l'évolution. C'est une énorme réussite. »

La pyramide des âges des deux comités de jumelage est également similaire : la plupart des membres ont 45 ans et plus. Il est donc grand temps de se demander qui va prendre la relève.

Une amitié sur trois générations

Napoléon, invité de la fête des 700 ans de la ville

Napoléon, invité de la fête des 700 ans de la ville

Les membres du comité de jumelage se retrouvent le soir à la mairie de Ronneburg. Les musiciens du Dixie Mix Altstars sont également présents : ce sont eux qui mettent l'ambiance lors des rencontres avec les Français. Ils entonnent le tube français « Aux Champs Elysées » et tous les fans de Hauteville réunis autour de la table le reprennent en se balançant, bras dessus bras dessous. Ils planifient le prochain séjour dans la ville partenaire, qui devrait avoir lieu à l'automne 2013. On se fait aussi passer les albums photos, les souvenirs des dernières rencontres ressurgissent. Comme les 700 ans de la ville de Ronneburg en 2004. Les Hautevillois avaient préparé une mise en scène sur Napoléon. Et à l'été 2012, le jeune groupe français PVC a joué à Ronneburg, un moyen d'encourager les jeunes gens à s'intéresser au jumelage. Un des membres du groupe, Valentin Leroy, avoue qu'au début, il n'était pas du tout motivé: « Moi, je suis parti en Allemagne et je n'avais pas du tout envie, j'avais une mauvaise image de l'Allemagne, de ce qu'on dit. Et finalement, ces deux jours, c'était un bonheur. »

Valentin Scion acquiesce : l'Allemagne n'est pas la première destination à laquelle il pense s'il veut voyager. Pour les Français, l'Allemagne est un pays du nord, où il pleut tout le temps. C'était le cas quand le groupe est arrivé. Mais, comme le dit Valentin Scion, « après, il faisait très beau. Et les gens sont très gentils. Ils sont plus accueillants qu'en France ». Chloë Tavel, la chanteuse du groupe, apprécie elle aussi le dynamisme de Ronneburg, et la cordialité des Allemands, raison pour laquelle elle s'imagine fort bien participer plus tard au comité de jumelage,

L'ancienne zone d'extraction d'uranium transformée en parc

L'ancienne zone d'extraction d'uranium transformée en parc

Madame le Maire de Ronneburg sait bien que le comité de jumelage doit recruter de jeunes membres. Pour elle, chaque voyage auquel participent des jeunes du club de foot, des groupes de danse, ou encore des infirmières, est une réussite. Car, même si l'enthousiasme est bel et bien là, le long voyage de Ronneburg à Hauteville reste épuisant : 16 heures de bus et 1000 kilomètres bien tassés séparent les deux villes. La prochaine étape est d'intégrer les jeunes dans le travail du comité de jumelage. Krimhild Leutloff compte également sur les 20 ans d'amitié que l'on peut retracer, et qui incluent désormais trois générations. « Au cours de ces 20 ans, on a partagé les joies et les peines des familles, des mariages, des divorces, des naissances et malheureusement aussi la mort de l'un des membres. » Le musicien d'église Thomas Laich est tout aussi confiant: pour lui, le jumelage entre les deux petites villes va continuer. « Il ne faut pas en faire trop ! On doit pouvoir accepter que les contacts ne soient pas aussi forts qu'avant. Les amitiés qui se sont développées sont si profondes, si ancrées qu'elles raviveront toujours la flamme. »

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