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Afro-presse (hebdomadaire)

Épreuve de force devant la CPI

William Ruto, le vice-président kényan, est inculpé de crimes contre l'humanité. Son procès s'est ouvert mardi dernier à La Haye, et c'est un événement qui braque sur lui les projecteurs de la presse allemande

William Ruto à la CPI

William Ruto à la CPI

Ceux de la Frankfurter Allgemeine Zeitung par exemple, qui rappelle ce qui s'est passé le jour de l'An 2008 près de la ville d'Eldoret, au Kenya. L'odeur de chair brûlée est restée deux jours dans l'air, lit-on dans cet article. Il n'est plus resté que les murs extérieurs de la petite église de Kiambaa. 35 personnes au moins y ont été brûlées vives.

Le massacre de Kiambaa fut l'un des tristes moments forts des violences ethniques consécutives aux élections de décembre 2007 au Kenya. Et, poursuit le journal, il sera question notamment de ce massacre pendant le procès de William Ruto. Lui-même est originaire d'Eldoret et il est inculpé d'avoir ordonné le massacre de Kiambaa pour chasser les Kikuyus de la ville.

Car souligne le journal, les victimes étaient toutes Kikuyu, elles furent assassinées par des Kalenjin, l'ethnie de William Ruto, et l'ethnie traditionnellement la plus forte à Eldoret. Pendant la campagne électorale de 2007, rappelle le journal, Ruto avait promis de soutenir Raila Odinga, le challenger de Mwai Kibaki . Kibaki est un Kikuyu, Odinga un Luo. Et les élections au Kenya sont toujours une affaire d'appartenance ethnique.

Lors des violences post-électorales en janvier 2008

Lors des violences post-électorales en janvier 2008

Pour la Berliner Zeitung, le procès de William Ruto, comme celui du président kényan Kenyatta, qui doit s'ouvrir en novembre, sont une épreuve de force à la fois juridique et politique. L'Union africaine a déjà demandé à la CPI de suspendre la procédure contre Kenyatta et Ruto. Beaucoup de chefs d'État reprochent à la Cour de se concentrer entièrement sur le continent africain et de succomber ainsi à un préjugé raciste.

La Süddeutsche Zeitung rappelle de son côté que les deux anciens rivaux, Kenyatta et Ruto, ont fait cause commune pour l'élection présidentielle de 2013. Ils ont vendu leur alliance électorale aux Kényans comme un pacte de paix entre Kikuyu et Kalenjin et se sont eux même présentés comme les défenseurs du Kenya contre une conjuration impérialiste occidentale incarnée par les juges de La Haye.

Que le président et son vice-président doivent maintenant répondre de leurs actes devant la CPI n'est pas forcément une source de satisfaction pour les victimes, ajoute le journal. Certains redoutent bien plutôt que ce procès ne mette en péril la relative stabilité du pays.

Le major John (à g.) et le colonel Vianney Kazarama, du M23

Le major John (à g.) et le colonel Vianney Kazarama, du M23

Un espoir de paix en RDC

Comme toutes les semaines depuis quelque temps, la presse continue de regarder vers l'est de la République démocratique du Congo. Et pour une fois, le regard se veut plutôt optimiste. Die tageszeitung parle d'une chance de paix. Les pourparlers de paix de Kampala, entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23, sont l'unique moyen d'éviter une nouvelle escalade des combats et de parer au risque d'une guerre régionale, écrit ce confrère.

Le fait que l'armée gouvernementale soit activement soutenue depuis quelque temps par les forces d'intervention venues d'Afrique du Sud et de Tanzanie a aggravé la situation sur le champ de bataille, tout en ouvrant une nouvelle chance. Le M23 s'est rendu compte qu'il ne peut l'emporter militairement, même s'il est plus fort que l'armée congolaise, dont on sait qu'elle est totalement désorganisée.

Au gouvernement congolais, poursuit le journal, de faire maintenant un pas en avant : il ne peut contrôler l'est du Congo sans aide étrangère et doit reconnaître politiquement les groupes armés de cette région pour chercher avec eux une solution, le M23 n'étant pas le seul groupe armé.

Il est absurde, souligne la Taz, que des rebelles autochtones se battent dans les montagnes de l'est du Congo contre des soldats sud-africains et soient décriés comme des intrus alors que les troupes étrangères se laissent acclamer comme héros congolais.

Traces de combat sur le siège de la police à Gao

Traces de combat sur le siège de la police à Gao

Toujours le chaos à Gao

Autre sujet d'intérêt pour la presse allemande : le Mali. Un nouveau gouvernement a été formé à Bamako, mais la situation dans le nord du pays est toujours précaire. C'est ce que l'on peut retenir du reportage d'un grand hebdomadaire allemand.

En l'occurence Der Spiegel, qui publie un reportage sur Gao, une ville dépeinte comme vivant en état d'urgence permanent : en mars 2012 les Touaregs sont entrés, puis les islamistes ont tyrannisé la ville et à présent elle a des problèmes si gigantesques que le gouverneur, Mamadou Adama Diallo, ne sait pas par où commencer : combattre le manque d'eau et les coupures d'électricité ou fournir l'aide nécessaire à une population traumatisée ?

Le chef de la police de Gao compare quant à lui la situation à celle de l'Allemagne après la chute du mur de Berlin : « Le Nord est chez nous ce que l'Est était chez vous », dit-il au journaliste allemand. Les écoles et les hôpitaux, lit-on encore, sont en piteux état, les rares pharmacies de Gao ont été détruites par les jihadistes. Elles arboraient des croix vertes, symbole d'une chrétienté honnie.

Et comme le déclare à la fin du reportage un musicien de Gao, Abdou Cissé : « Le cauchemar est terminé pour l'instant, mais la peur est restée. » La peur que tout recommence, que les islamistes reviennent et que le Mali devienne définitivement un État failli.

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